Feu d’artifice dans le pantalon

Un cas d’urgence pas banal

Un Américain de 44 ans s’est présenté aux Urgences avec un explosif de feu d’artifice planté dans la cuisse. Les médecins militaires qui l’ont traité ont publié le cas pour familiariser leurs confrères avec la prise en charge de ces situations explosives.

Avoue-le, toi, interne ou ancien interne : entre les gastros, les fractures du col du fémur et les dégrisements, tu as rêvé d’un cas comme celui-là lors de ton stage en service d’Urgences. Un truc un peu sexy et presque dangereux. Le Centre médical militaire de San Antonio, aux États-Unis (SAMMC) a publié un cas plutôt sympa dans la revue The Journal of Emergency Medicine.

En janvier 2017, un homme de 44 ans s’est présenté aux Urgences d’un hôpital de la ville texane avec une blessure à la cuisse. Elle avait été causée par la projection d’un feu d’artifice. Une partie du dispositif avait pénétré dans la jambe. Problème : il s’agissait sans doute d’un réservoir de poudre explosive, accompagné de son détonateur.

Une situation explosive

La radio pratiquée à son arrivée à l’hôpital a en effet révélé qu’en plus de la blessure, l’homme souffrait d’une fracture du fémur, et qu’un objet était coincé au milieu de la jambe. Or, le patient n’était pas certain de ce que cela pouvait être. Il s’était blessé en tentant de relancer un mortier feu d’artifice qu’il pensait défectueux. Une explosion a eu lieu, projetant un objet en direction de sa cuisse.

Compte tenu des risques, les urgentistes ont préféré le transférer vers l’hôpital militaire. « Lorsque vous apprenez que oui, l’objet peut être explosif, ça met tout de suite tout le monde un peu à cran », a expliqué à Live Science le Dr Lane Thaut, médecin urgentiste qui a pris en charge la bombe humaine au SAMMC.


Credit: L.C. Thaut et al./Journal of Emergency Medicine/Elsevier

Pétard mouillé

L’hôpital a appelé à la rescousse des démineurs, et les pompiers… au cas où. Le patient a été placé dans une chambre isolée des autres, avec pour consigne expresse de ne pas bouger. Grosse ambiance.

Les pompiers ont également recommandé aux chirurgiens d’irriguer la plaie avec de l’eau, afin de noyer le détonateur, et d’éviter d’employer toute cautérisation électrique, qui aurait pu déclencher l’explosion du réservoir.

Finalement, ils sont parvenus à extraire le feu d’artifice sans problème particulier. Ils ont inséré un clou intramédullaire pour traiter la fracture du fémur, et une greffe de peau a été nécessaire pour parfaire le travail sur la blessure. Après deux semaines de convalescence, le patient a pu sortir de l’hôpital, sans complication.

Crédit photo : capture d'écran Grey's anatomy (ABC)

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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