#Fakemed : deux médecins convoquées devant la justice témoignent

Si, pour l'heure, seulement trois jugements ont été prononcés contre des médecins ayant signé la tribune #Fakemed, en revanche de nombreux autres médecins ont été récemment convoqués. Wud en a rencontré deux qui ne regrettent rien. 

L’avalanche de procès et convocations devant les chambres disciplinaires de l'Ordre pour avoir signé la tribune #Fakemed ne fait que commencer. Car jusqu’à présent, seul trois procès se sont tenus, qui ont abouti à deux condamnations et une relaxe. L’Ordre national des médecins a d’ailleurs fait appel de la condamnation des deux médecins champenois condamnés. Pour rappel, sur 124 médecins ayant signé la tribune qui dénonçait l’homéopathie comme étant une fausse médecine, seuls 68 médecins ont été poursuivis, principalement par le syndicat national des homéopathes. De nouvelles convocations viennent d'être délivrées à des médecins signataires. Parmi eux, le Dr Lamia Slitine, qui a comparu pour une conciliation en octobre dernier. 

 

Tout récemment sa plainte a été transférée à la chambre disciplinaire régionale d'Ile-de-France. 

 

 

Le Dr Slitine, par ailleurs trésorière du syndicat de l’Union française pour une médecine libre (UFML) a un mois pour rédiger son mémoire en défense. Contacté par Wud, elle se dit confiante, et ne regrette rien. « Je ne regrette pas d’avoir signé cette tribune car elle m’a vraiment parlé. Mais j’ai été choquée par la réaction violente du syndicat des homéopathes, qui a lancé 68 plaintes, dont l’une contre un médecin actuellement sous chimiothérapie ». Pour le Dr Slitine, la conciliation n’était pas possible puisqu’on lui demandait de s’excuser. Or, c’est en son âme et conscience qu’elle a signé cette tribune : « Il n’y a pas eu de conciliation possible car nous sommes attaqués pour non-confraternité. Quand j’ai signé cette pétition ça m’a vraiment parlé parce que je constate des pratiques que je juge inadmissible et il était de mon devoir de les dénoncer. Une de mes patientes est atteinte d’une leucémie aiguë. Après une première chimiothérapie à Saint-Louis, elle décide d’arrêter tout traitement pour lui préférer l’homéopathie. Dans certains cas ces médecines alternatives sont dangereuses. » Lamia Slitine est passé en conciliation avec deux autres collègues franciliens. 

Non-confraternité ou non-corporatisme ? 

À Nantes, le Dr Clothilde Lambert est convoquée le 11 mars prochain devant la chambre disciplinaire du conseil de l’Ordre. Selon ses informations, ils seraient trois dans sa région à être poursuivis pour avoir signé cette tribune. 

 

 

Tout comme le Dr Slitine, le Dr Lambert ne regrette aucunement d’avoir signé ce texte : « Je suis plutôt assez fière d’avoir signé cette tribune, c’est nécessaire que l’on dénonce ces pratiques. Je ne suis pas contre l’homéopathie en tant que tel mais je suis pour que l’on dise comment cela fonctionne. » Le Dr Lambert s’oppose au fait que les homéopathes revendiquent le titre de médecins, tout comme elle trouve révoltant que les traitements homéopathiques puissent être pris en charge par la solidarité nationale. Maintenant, dit-elle, à chacun de prendre ses responsabilités : les patients sont libres d'user d'homéopathie, mais aussi d'être informés de ce qu'est réellement cette pratique, selon elle. Cela vaut-il une condamnation ? Verdict en mars prochain. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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