Exosquelette : lève-toi, et opère

Un chirurgien paraplégique travaille debout

Le Dr Marco Dolfin, un chirurgien orthopédiste italien de 36 ans, peut à nouveau se tenir debout au bloc grâce à un exosquelette développé spécialement pour lui. Les interventions physiques ne lui sont plus inaccessibles.

La carrière du Dr Marco Dolfin avait mal commencé. En 2011, à 30 ans à peine, et tout juste rentré de son voyage de noces, il subit un choc frontal en moto, qui le laisse paraplégique. Et l’empêche donc d’opérer. Mais après six ans de galère, il peut enfin opérer presque comme tous ses confrères.


Francesco A. Armillotta/F&DI Photographers

Pris dans la toile du handicap

L’histoire nous vient de Turin, en Italie. Le jour de son accident de moto, Marco Dolfin ne travaillait à l’hôpital San Giovanni Bosco que depuis deux semaines, tout juste sorti de sa spécialisation. Ce n’est qu’à 300 m de l’établissement que la collision a eu lieu. Une conductrice avait fait une embardée après avoir vu une araignée sur son tableau de bord… Le chirurgien se dépêchait alors pour prendre son service. Mais « c’est en tant que patient que je suis arrivé », raconte-t-il dans le quotidien italien Corriere della sera.

Ses collègues n’osent pas le lui dire dans un premier temps, mais le Dr Dolfin comprend très rapidement son état. Un hématome a compressé sa moelle épinière, et il ne sent plus ses jambes. Il ne remarchera plus. « Ça m’a détruit, comme ça l’aurait fait pour n’importe qui. J’ai pensé à tout ce que je ne pouvais plus faire ». Travailler, par exemple.

Mais le jeune chirurgien ne se décourage pas, et après des mois de rééducation, il fait un retour presque inattendu au bloc. Avec, malheureusement, un handicap physique qui déteint sur sa pratique : il doit se limiter aux interventions assises, et donc aux opérations des pieds ou des mains. Deuxième coup dur pour le chirurgien, plutôt intéressé par le gros oeuvre orthopédique : il veut poser des prothèses de hanche ou de genou. Des interventions plus physiques, qui imposent la position debout.


Francesco A. Armillotta/F&DI Photographers

On l’appelle Jeeg Robot

À Turin, le service de prothèses orthopédiques Maria Adelaide accepte alors de lui construire un exosquelette. Il s’agit d’une sorte de fauteuil roulant, qui se déplie pour passer en position debout, permettant ainsi au Dr Dolfin de donner à nouveau libre cours à ses compétences. Il peut désormais exercer comme ses confrères.

Sa situation surprend parfois. « Quand j’entre en salle d’opération et que les patients comprennent que je suis leur chirurgien, ils ont toujours une sorte de lueur étrange dans les yeux », s’amuse-t-il. « Je ne sais pas si c’est à cause de l’anesthésie ou du fauteuil roulant ».

Six ans après son accident, il a retrouvé une vie normale. Avec un handicap, certes, mais qu’il contourne et qu’il assume. En 2014, il est devenu père de jumeaux, et il a participé aux Jeux Paralympiques de Rio en 2016 en tant que nageur, son sport de prédilection.


Francesco A. Armillotta/F&DI Photographers

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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