Emmanuel Macron annonce un plan d’action pour l’hôpital : parole en l’air ?

Emmanuel Macron a annoncé ce jeudi 14 novembre avoir demandé au gouvernement et à la ministre de la Santé « de travailler avec vigueur pour un plan d’action renforcé et des décisions fortes » qui seront annoncées mercredi prochain. Une annonce critiquée sur les plateaux TV et sur Twitter.  

Ce jeudi 14 novembre, notre cher président à tous est sorti de son mutisme sur la crise de l’hôpital public, depuis la mairie d'Epernay (Marne) où il était en déplacement. Emmanuel Macron aurait « entendu la colère et l'indignation » des personnes travaillant à l'hôpital public. Il a donc déclaré avoir demandé au gouvernement et à la ministre de la Santé « de travailler avec vigueur pour un plan d’action renforcé et des décisions fortes » qui seront annoncées par le Premier ministre au sortir du conseil des ministres de mercredi prochain.
 
Ces décisions devront redonner « des marges de manœuvre financières » et « plus de moyens ». Mais il faudra aussi investir « plus fortement que nous avions au début envisagé de le faire, parce que la situation est encore plus grave que celle que nous avions analysée », a ajouté le président de la République. Il s'est donc engagé à investir dans les urgences et l’hôpital public, « dans les moyens lorsqu’ils se justifient, dans les sujets de personnel et d’amélioration de certaines rémunérations, dans le quotidien aussi de l’appareil médical ou des conditions de travail ».

Interrogé sur les déclarations d’Emmanuel Macron sur le plateau de BFM TV, le Dr Christophe Trivalle, gériatre à l'hôpital Paul Brousse (Villejuif) et membre du collectif Inter-hôpitaux a trouvé « dommage » qu’il faille « une grande manifestation avec énormément de monde pour que le président de la République prenne position et fasse un discours ».
 
D’autant plus qu’il fait son discours en même temps que la manifestation, ce qui signifie, selon le Dr Trivalle « que cela ne répond pas directement aux gens qui sont en train de manifester dans la rue. »
 
Si le Dr Trivalle est d’accord avec le diagnostic d’Emmanuel Macron sur l’hôpital public, il a critiqué le fait que le président ait dit avoir pris les bonnes décisions dès le départ. Selon lui, « une bonne partie des décisions n’ont pas encore été appliquées ». Par ailleurs, elles vont « prendre 5 à 10 ans » à être mises en œuvre. Or, « l’urgence, c’est aujourd’hui et maintenant », a poursuivi le Dr Trivalle qui demande un Ondam à 4 %, ce qui correspond à une enveloppe d’environ 2 milliards selon lui.

L’effort demandé est colossal

Son de cloche similaire du côté du Dr Jérôme Marty, sur le plateau de RT France. Selon le président de l’UFML-S, si Emmanuel macron « fait des annonces pendant la pendant la manifestation, ce qui ne s’est jamais vu, cela prouve bien qu’on est dans un état d’urgence. »
 
Le Dr Jérôme Marty se demande aussi si le « traitement » d’Emmanuel Macron sera le bon : « Tout porte à croire que cela risque d’être encore inférieur à ce qui est demandé car l’effort demandé est colossal et en rapport avec la crise phénoménale que traverse l’hôpital public ». Et de conclure que « l’Ondam est notoirement insuffisant, année après année ». Il faut donc selon lui « sans doute revenir sur ce système-là. »
 
De son côté, Ian Brossat, le porte-parole du PCF, s’est fendu du tweet suivant : « Après avoir fait les poches à l'hôpital public, supprimé 16000 lits depuis le début de son quinquennat, #Macron promet un plan d'action renforcé. Il fallait peut-être commencer par ne pas supprimer des lits et des crédits, non ? »

Enfin, dans une veine plus humoristique, un twittos a réagi de la manière suivante aux déclarations du président de la République : « Je mettrais des Haribo à l'entrée de chaque hôpitaux pour que les patients se sentent mieux et attendent leur mort avec un plus grand sourire ».

Portrait de Julien Moschetti

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