Ebola : le décès à Mbandaka inquiète MSF

Une patiente en vadrouille

La République Démocratique du Congo (RDC) tente de juguler la flambée d’Ebola dans la province de l’Équateur, au nord-ouest du pays. Le ministère de la Santé et les organisations tentent de localiser les cas suspects alors que le virus a atteint une zone urbaine.

Quarante-six cas de fièvre hémorragique, 21 cas d’Ebola confirmés, 21 autres probables, 4 cas suspects et 26 décès. Le bilan de la flambée de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement en RDC s’alourdit, et l’inquiétude monte depuis que des cas ont atteint la capitale de la province de l’Équateur, Mbandaka. Jusqu’à présent, ils étaient confinés dans des zones rurales de la même province.

« Avec le nouveau cas à Mbandaka, le scénario a changé. Il devient plus sérieux et inquiétant, parce que la maladie affecte une zone urbaine », explique Henry Gray, coordonnateur des urgences pour MSF à Mbandaka, dans un communiqué. Le premier cas aurait été identifié chez une personne de retour d’un enterrement. Plusieurs membres de son entourage auraient également été touchés.

Chasse à l’homme

« Il est primordial de localiser les cas suspects afin d’avoir une vision plus claire de la propagation au sein de la ville », ajoute Henry Gray. Et la tâche n’est pas toujours facile. Pas facile de retenir un patient dont les symptômes s’estompent dans un hôpital en quarantaine rempli de patients suspects.

Samedi, une patiente s’est échappée de l’hôpital Wangata à Mbandaka, ont expliqué les autorités sanitaires locales ce lundi. Les risques qu’elle soit porteuse d’Ebola sont faibles, mais encore trop importants pour la laisser dans la nature. Elle aurait été localisée ce mardi.

L’espoir du vaccin

Pour éviter de revivre l’épidémie qui avait sévi au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée entre 2013 et 2016 – qui avait fait plus de 11 000 morts –, l’OMS prend les devants et a annoncé la livraison de plus de 7500 doses du vaccin expérimental qui n’a pas encore trouvé son nom de scène, le rVSV-ZEBOV. Ils ont été offerts par Merck. Les essais préliminaires effectués en Guinée en 2015 s’étaient avérés prometteurs : près de 6 000 personnes avaient reçu une injection, et aucun n’avait déclaré la maladie.

Pour l’instant, près de 600 personnes entrées en contact avec des malades ont été identifiées. Elles seront vaccinées en anneau, sous réserve que les défis techniques soient relevés. « La mise en œuvre de la vaccination en anneau contre la maladie à virus Ebola est une procédure complexe » explique le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, dans un communiqué. « Les vaccins doivent être stockés à des températures comprises entre moins 60 et moins 80 degrés : leur transport et leur stockage dans les zones touchées constituent donc un défi de taille ».

Pas d’urgence

La réponse des autorités sanitaires et des organisations est donc bien en place, malgré la présence inquiétante du virus dans une zone urbaine. Pour le Dr Robert Steffen, qui dirige le comité d’urgence de l’OMS, les conditions n’étaient pas (encore) réunies le 18 mai dernier pour déclarer l’état d’urgence de santé publique de portée mondiale. « Nous ne pensons pas que ces cas constituent une menace très importante pour l'instant », avait-il alors déclaré concernant les cas confirmés et suspects à Mbandaka.

En espérant que la situation ne leur échappe pas. Lors de la précédente épidémie, le temps de réaction de l’OMS avait été pointé du doigt, et les organisations dépêchées sur place avaient passé des mois à courir après le retard qu’elles avaient pris sur la maladie.
Crédit photo : Yann Libessart/MSF
Source: 

Jonathan Herchkovitch

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