© Sanctuaire de Lourdes / iStock
Spécialiste de médecine interne, la praticienne décrit cette fonction comme un poste « vraiment unique au monde », a-t-elle déclaré dans un entretien accordé à La Dépêche. « Je suis très heureuse d’être ici », ajoute-t-elle.
Le bureau des constatations médicales constitue la première étape du long processus pouvant conduire l’Église catholique à reconnaître un miracle. Les personnes affirmant avoir été guéries à Lourdes y présentent leur dossier médical, qui est analysé selon des critères stricts.
« Il faut d’abord un diagnostic clair et documenté, concernant une maladie grave qui altère fortement la qualité de vie », explique Giada Monami à La Dépêche. La guérison doit ensuite être jugée « soudaine, inattendue, complète et durable dans le temps ».
Des critères médicaux datant du XVIIIe siècle
La médecin précise s’appuyer sur les « critères de Lambertini », établis au XVIIIe siècle et toujours utilisés par le Vatican. « Nous utilisons les mêmes outils, les mêmes critères, la même rigueur que dans n’importe quelle discipline médicale », insiste-t-elle dans cet entretien.
Lorsqu’un dossier paraît suffisamment solide, il est soumis au bureau médical de Lourdes, composé de médecins et de professionnels de santé présents sur le sanctuaire. Les cas les plus sérieux sont ensuite transmis à la Commission médicale internationale de Lourdes, une instance réunissant une trentaine de spécialistes et chercheurs de différentes disciplines.
L’objectif, souligne Giada Monami auprès de La Dépêche, est de déterminer si la guérison peut être expliquée « par les connaissances médicales actuelles ». Si le cas demeure médicalement inexpliqué, le dossier est alors transmis aux autorités religieuses.
« Ce n’est pas une décision médicale », rappelle-t-elle. « C’est seulement après que l’Église peut, éventuellement, reconnaître un miracle. »
« Lourdes n’a pas besoin de miracles »
Depuis les apparitions mariales de 1858, plusieurs milliers de dossiers de guérison ont été déposés à Lourdes. Mais seuls 72 miracles ont été officiellement reconnus par l’Église catholique.
Pour autant, Giada Monami relativise l’importance de ces reconnaissances : « Lourdes n’a pas besoin de miracles. C’est avant tout un lieu de prière, de pèlerinage, d’accueil, de fraternité », affirme-t-elle à La Dépêche.
Habituée de longue date de la cité mariale, où son père officiait déjà comme médecin bénévole auprès de pèlerins italiens, elle revendique une approche à la fois croyante et scientifique. « Il y a des choses que nous, les médecins, ne savons pas. Nous ne savons pas tout », déclarait-elle également à RTL.
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