Doublement du plafond des franchises médicales : « une erreur monumentale », déplore France Assos Santé

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Le doublement du plafond des franchises sur les consultations et les médicaments, annoncé par l’exécutif, est une « erreur monumentale » qui « va culpabiliser » et frapper les personnes vulnérables et polypathologiques, déplore France Assos Santé, principale fédération de patients.

Doublement du plafond des franchises médicales : « une erreur monumentale », déplore France Assos Santé

© Midjourney x What's up Doc

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé le doublement, de 100 à 200 euros, du montant maximal annuel, pour chaque patient, des franchises médicales et des participations forfaitaires.

Ces sommes correspondent aux restes à charge qui ne sont remboursés ni par l’Assurance maladie ni par les complémentaires santé, sur chaque consultation, boîte de médicaments, acte paramédical, examen radiologique ou biologique, ou encore transport sanitaire.

Une « quadruple peine »

« Pour les plus malades, c’est la double, triple, quadruple peine », juge le président de France Assos Santé, Gérard Raymond.

Selon lui, ces patients vont mal, supportent déjà des restes à charge importants, notamment en raison des dépassements d’honoraires, peinent à trouver des médecins et « sont montrés du doigt » au motif qu’ils coûteraient trop cher.

« La façon dont c’est présenté est extrêmement culpabilisante », regrette-t-il auprès de l’AFP, y voyant une « erreur monumentale ».

France Assos Santé regroupe une centaine d’associations représentant principalement des malades, mais aussi des personnes âgées, handicapées ou précaires, ainsi que des familles.

Les patients polypathologiques en première ligne

Les personnes les plus touchées par cette mesure « seront les personnes polypathologiques », souvent âgées, explique Gérard Raymond.

Il cite, par exemple, « une personne atteinte à la fois de diabète, d’une difficulté cardiaque, avec un peu d’obésité… ».

Repenser la consommation de soins

Gérard Raymond suggère de « réfléchir aux raisons de leur consommation de soins ».

« Pourquoi certains nécessitent-ils 50 boîtes de médicaments par an, plus de 25 consultations par an ? Il existe peut-être une autre manière d’accompagner ces personnes que de multiplier les actes », observe-t-il.

Il propose également de « regarder les prescriptions de médicaments dans les Ehpad. Est-ce que tout est justifié ? »

La crainte du renoncement aux soins

Au lieu d’essayer de « réconcilier » la population avec le système de santé, « ces mesures créent de la défiance », estime Gérard Raymond.

« On va avoir des renoncements aux soins, une incompréhension, des patients qui vont se dire : ‘On paie de plus en plus cher, alors que la qualité n’est pas là’ », anticipe-t-il.

Il conclut : « À une période électorale politiquement un peu tendue, ce n’étaient certainement pas les mesures qu’il fallait prendre. »

France Assos Santé dénonce un transfert vers les patients

Dans un communiqué diffusé jeudi, France Assos Santé dénonce plus largement l’ensemble des mesures annoncées par le gouvernement, estimant qu’elles entraîneront une hausse des restes à charge pour les usagers et une augmentation des cotisations des complémentaires santé.

La fédération cite bien sûr le doublement du plafond des franchises et des participations forfaitaires, la baisse du remboursement de certains médicaments, ainsi que le désengagement de l’Assurance maladie sur les soins dentaires et les dispositifs médicaux.

« Les usagers vont être confrontés à une nouvelle augmentation de leurs restes à charge et à une hausse des cotisations des complémentaires santé, avec le risque de nouveaux renoncements aux soins à la clé », alerte-t-elle.

France Assos Santé souligne que ces mesures toucheront particulièrement les personnes âgées, les ménages modestes, les personnes en situation de handicap et celles vivant avec une maladie chronique.

« Faut-il, une fois encore, rappeler que ce ne sont pas les patients qui décident des soins et des médicaments qui leur sont prescrits ? », interroge l’organisation.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/face-aux-deficits-il-suffit-dameliorer-la-pertinence-des-soins-ah-bon-tes-sur

Elle s’inquiète également d’une hausse des tickets modérateurs, qui représenterait près de 2 milliards d’euros de transferts vers les complémentaires santé. Une telle mesure pénaliserait directement les 2,5 millions de personnes dépourvues de complémentaire et entraînerait, selon elle, une nouvelle augmentation des cotisations pour les autres assurés.

Reconnaissant les besoins de financement du système de santé, la fédération appelle plutôt à rechercher des économies dans la pertinence des soins, la coordination des parcours, la réduction des actes inutiles et la prévention.

« Faire payer toujours plus les usagers ne constitue pas une politique de santé publique », affirme-t-elle, avant de conclure : « Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’Assurance maladie. »

Avec AFP

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