Covid19 : Agnès Buzyn défend son bilan devant des députés médusés

L'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn a été auditionnée par la commission d'enquête sur le Covid19. Elle a défendu pied à pied son bilan, même si elle a paru hésitante, devant des députés agacés. 

Dire qu’elle était attendue est un pléonasme. Ce 30 juin, l’ancienne ministre des Solidarités et de la santé Agnès Buzyn, après avoir essuyé une défaite cinglante aux municipales, a été auditionnée par la commission Covid19 de l’Assemblée nationale. Les députés présents souhaitaient l’entendre s’expliquer en particulier sur la préparation de la gestion de l’épidémie de Covid19. Ils souhaitaient clairement savoir pour quelles raisons la gestion de l’épidémie de Covid19 avait été aussi mal préparée en matière de gestion des masques, tests, équipements individuels de protection… Ils n’auront pas eu de réponses à leurs questions, tant l’ancienne ministre Agnès Buzyn a défendu son bilan, s’exonérant de tout manquement, de toute maladresse, de tout oubli. Dès le 10 janvier, avertissait-elle, elle avait prévenu le Premier ministre et le président de l’épidémie de Covid19 qui s’était emparée de la Chine. « Dans le Week-end du 24 et 25 janvier, je lance des commandes de masques, de l’ordre de 1 millions. Je décide alors de reconstituer la réserve stratégique. La commande est partie le 30 juin. » Et la ministre poursuit : « Le 7 février, je lance des commandes de masques, de sur-blouses, je prépare les lits de réanimation, les respirateurs… Dès cette date, je donne l’autorisation auprès de la DGS de commander des lunettes, des gants, des charlottes, de la solution hydro-alcoolique, nous commandons aussi des masques FFP2 pour les cabinets libéraux et les Ehpad… » Un monde parfait. L’ex ministre poursuit : « La pandémie n’est déclarée que le 11 mars, soit 5 semaines après. » Non seulement le travail a été fait, mais il a été accompli avec 5 semaines d’avance, par rapport au reste du monde. Alors comment expliquer qu’il y ait eu aussi peu d’équipement individuel de protection disponibles ? « J’ai commandé et on découvre que ces produits là sont fabriqués en Chine et que la tension sur les approvissionnements est là. »

Un DGS admirable

Mais pourquoi en avoir commandé aussi peu au final soit 50 millions, alors que l’on en avait besoin d’au moins un milliard ? Agnès Buzyn a sur cette question botté en touche. Et renvoyé la balle chaude en direction de la DGS. « Ce sont eux qui ont la main sur la commande, mais je suis solidaire de Jérome Salomon qui a fait un travail d’excellente qualité. Il appartient à Santé publique France de déterminer le nombre de masques soir 50 millions + 50 millions ». Sur le contrôle des stocks, là aussi, tout a été fait comme il se doit : « Une demande a été faite en 2017, et nous avons eu la réponse 18 mois plus tard. la mission de contrôle des stocks fait partie des missions de l’Eprus, un courrier a été envoyé par la DGS en avril 2017. » Agnès Buzyn quitte le ministère le 15 février, pour mener campagne aux municipales. « À ce moment là nous n’avions plus de nouveaux cas depuis 9 jours », termine-t-elle. Pour la suite, des tests ont été mis en place pour « repérer les premiers malades le 24 février, les tests sont disponibles à Paris et Lyon dans des hôpitaux de référence ». Alors pourquoi tant de morts ? « Tout mettre sur l’impréparation est une hérésie, il y a aussi des questions de génétiques qui peuvent rentrer en ligne de compte… » D’accord. Merci. 

Retrouvez la totalité de l'audition d'Agnès Buzyn ici. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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