Covid-19 : des effectifs insuffisants dans les hôpitaux ?

Dans un contexte d’accélération de l’épidémie du Covid-19 en France, le collectif Inter-Hopitaux (CIH) demande « des effectifs en nombre dans tous les services » et des mesures d’urgence qui n’ont pas encore été prises.
 

« Ce qu'on redoute, c'est que le manque de moyens en personnel et la capacité en lits rendent difficile le fait de répondre à une épidémie d'une ampleur importante », a déclaré sur LCI le désormais célèbre Dr François Salachas, qui a interpellé avec vigueur Emmanuel Macron, lors d’une visite surprise aux personnels de l'hôpital La Pitié Salpêtrière, ce jeudi 26 février.

La situation commence en effet à devenir préoccupante en France. Le nombre de personnes infectées dans l’Hexagone est passé à 38 cas confirmés, contre 18 la veille, a annoncé jeudi 27 février dans la soirée le ministre de la Santé, Olivier Véran.

L’épidémie de Covid-19 vient en effet de franchir un palier inquiétant en France. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé ce jeudi 20 nouveaux cas sur le territoire français. Si bien que le nombre de personnes infectées est passé à 38 cas confirmés, contre 18 la veille, tandis qu’une psychose se serait installée à Creil, dans le département de l'Oise, avec douze cas de contaminations, dont trois sur la base militaire de Creil. Une situation inquiétante qui faisait dire au Pr Christophe Rapp, infectiologue à l’hôpital américain de Paris que « la France pourrait se retrouver dans la même situation que l'Italie »

Manque de personnel ? 

D’autres, comme le collectif Inter-Hopitaux (CIH) s’inquiète, dans ce contexte épidémique, de la situation dans de nombreux hôpitaux, et pose ouvertement la question du manque de personnel. « Les règles de sécurité, de mise en quarantaine, justifient plus que jamais des effectifs en nombre dans tous les services », estime le CIH dans un communiqué daté du 27 février.
 
Et d’ajouter que « la fermeture de la réanimation de Creil, l’exercice compliqué de remplacements à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière et la fermeture récente de lits de médecine par manque de personnels à l’hôpital Bichat » prouvent une fois de plus qu’il faut « recruter et fidéliser les soignants dans les hôpitaux, leur offrir des conditions de travail attractives de telle sorte qu’une crise sanitaire ne mette pas à bas un réseau de soins fragilisé par des années d’économies déraisonnables et inadaptées ».

André Grimaldi s'en mêle

Quant au professeur André Grimaldi, l’un des chefs de file du CIH, il a déclaré sur le plateau de RT France : « Il y a des lits fermés en réanimation, faute de personnel. Si en plus de ça, le personnel est atteint par la maladie virale, il sera mis en quarantaine, c’est ce qui se passe à l’hôpital de Creil. » 

Et de conclure : « On risque d’être en manque de personnel et en manque de lits pour les patients très graves si l’épidémie se développe car l’hôpital est en tension extrême. Donc, il faut prendre des mesures d’urgence qui n’ont pas été prises. Il y a eu des petites mesures, mais très en deça des besoins. »
 
Interrogé sur les mesures à prendre, il a rétorqué : « La première mesure évidente, c’est qu’il faut arrêter de demander des économies à l’hôpital public. »

 

Le SNJMG dénonce le « gap » entre la théorie et la pratique
Le SNJMG (Syndicat national des jeunes médecins généralistes) dénonce dans un communiqué daté du 27 février « le « gap » entre la théorie et la pratique » à propos de la gestion de l’épidémie. Les recommandations officielles prévoient depuis la mi- janvier 2020 pour tout cas suspect rencontré par un médecin généraliste que celui-ci impose le lavage des mains et le port du masque chirurgical au patient et que lui-même s’équipe de dispositifs d’équipement de protection, rappelle le syndicat. « Mais les autorités sanitaires n’ont jamais proposé aux médecins généralistes (et encore moins aux autres professionnels de santé) de filière dédiée d’approvisionnement, les renvoyant à leurs fournisseurs habituels d’équipement. Or, tous ces équipements sont en situation de pénurie... », critique le syndicat. Certes, le ministre de la Santé a annoncé le 23 février 2020 une commande massive de plusieurs dizaines de millions de masques de protection FFP2 destinés aux professionnels en contact étroit avec des malades. Mais « aucune communication n’a été faite aux professionnels de santé sur les modalités pratiques de mise à disposition de ces masques », dénonce le SNJMG.

 

Portrait de Julien Moschetti

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