Baromètre Odoxa : être médecin, c’est pas si mal !

Qui l’eût cru ?

Le Baromètre Santé 360° réalisé à la demande de MNH GROUP, la FHF et Orange Healthcare suggère que près de 80 % des médecins sont satisfaits de leur travail. C’est autant que le reste de la population française. En plus, ils sont aimés par 90 % de leurs patients ! Bienvenue dans le monde merveilleux du système de soins !

Mal-aimés, mal considérés, critiqués, conspués ? Les médecins sont nombreux à estimer (60 %) que leur métier manque de reconnaissance. Pourtant, neuf français sur dix déclarent être satisfaits du dernier praticien qu’ils ont consulté.

C’est le résultat du Baromètre Santé 360° réalisé par l’institut Odoxa à la demande de MNH GROUP, la FHF et Orange Healthcare (1). Et cet amour reste intact quels que soient le sexe, la spécialité ou le type d’exercice, ville ou hôpital.

Super-docteurs

Finalement, malgré les difficultés, malgré la surcharge de travail, le stress et le manque de sommeil (malgré les perspectives de TPG), les médecins seraient plutôt heureux ? Ils se déclarent satisfaits de leur métier dans 78 % des cas, ce qui les met au même niveau que l’ensemble des Français.

Ils sont satisfaits, et ressentent l’importance de leur tâche, bien plus que leurs compatriotes. Ils sont en effet une immense majorité à être ravis de l’intérêt personnel de leur travail (94 %), et de son utilité (96 %).

Super-journées

Mais tout n’est pas toujours rose. S’ils sont, dans l’ensemble, satisfaits par leurs conditions de travail (temps de trajet, cadre, moyens à disposition), les médecins se plaignent d’un manque de temps (72 %) et de moments de pause dans la journée (60 %). Ils sont aussi plus d’un tiers (38 %) à se plaindre d’un niveau de stress trop important.

Sans doute une conséquence de ce stress et du manque de temps, les médecins jouissent d’un moins bon relationnel avec les patients que les infirmiers et les aides-soignants (83 % de patients satisfaits, contre 92 et 91 %, respectivement).

Mais si les patients sont globalement satisfaits, certains ont également quelques reproches à faire, notamment lors des hospitalisations. Ils sont en particulier 17 % de patients et 22 % de proches à s’être plaints du manque de confidentialité de certains médecins, qui discutent parfois de l’état de santé du malade devant ses proches sans demander l’autorisation de le faire au préalable.

Cachets roroses et cachets bleubleus

Autre enseignement du baromètre : les médecins semblent sous-estimer le niveau de compréhension de leurs patients (à moins qu’eux-même le surestiment !). Plus de 80 % des personnes hospitalisées interrogées estiment que les informations fournies par le médecin sur la pathologie et les médicaments ont été transmises clairement, comprises et assimilées. Côté médecins, les statistiques sont presque inversées.

La remise des comptes-rendus d’hospitalisation semble donner raison aux seconds : ils ne sont pas souvent remis à la sortie de l’hôpital (dans seulement 41 % des cas d’après les patients, et 14 % d’après leurs soignants). Et dans 19 et 28 % des cas, il n’est même jamais communiqué.

Le baromètre dépeint une situation plutôt éloignée des revendications de nombreux médecins. Vision déformée ou réalité statistique de la profession et de la relation avec les patients ? Difficile de trancher. Car si l’échantillon comporte près de 3 000 personnes, ce qui tendrait à lui donner une solidité statistique, seuls 434 médecins ont été interrogés. Un peu faible, sans doute.

(1) Échantillon de 2 934 Français de plus de 18 ans interrogés par Internet entre le 29 novembre et le 19 décembre 2017 (991 personnes selon la méthode des quotas, 1 509 personnes ayant fréquenté un établissement de santé ces trois dernières années – dont 1 150 patients et 598 proches – et 434 médecins)

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

Vous aimerez aussi

Les bons conseils de l’initiative « Immuniser Lyon »
Alors que l’ANRS et REACTing s’apprêtent à fusionner, les associations de lutte contre le sida s’inquiètent que le budget alloué à cette nouvelle...
Après les propos du directeur général de l'ARS Grand Est Christophe Lannelongue affirmant que le CHRU de Nancy allait devoir supprimer 598 postes et...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.