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A la recherche d'économies, le gouvernement a annoncé la semaine dernière de nouveaux transferts de remboursements de soins vers les complémentaires santé, notamment sur le dentaire, les dispositifs médicaux ou les transports sanitaires.
Selon le projet de décret transmis pour « avis consultatif » au conseil de l'Assurance maladie, la part remboursée par la Sécurité sociale sur les consultations et soins dentaires passera de 60% à 50% au 1er janvier 2027. Le reste sera supporté par les complémentaires santé.
Un même transfert a déjà eu lieu en octobre 2023 : la part Assurance maladie était alors passée de 70% à 60%, rappelle l'Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD), une association de professionnels, dénonçant « un désengagement de la solidarité nationale à l’égard de la santé bucco-dentaire ».
Pourtant « pouvoir manger, parler, sourire, conserver des relations sociales et vivre sans douleur dépend directement d’un bon état de santé orale. Les maladies bucco-dentaires interagissent également avec de nombreuses pathologies chroniques et peuvent contribuer à la dénutrition » ou « à la perte d’autonomie », argue-t-elle.
Les plus fragiles en première ligne
Parmi les « soins dentaires » figurent le détartrage (28,92 euros au tarif de base), la dévitalisation (de 41,60 à 104 euros) ou l'extraction d'une dent (de 25 à 39 euros).
Le gouvernement entend toutefois maintenir la prise en charge à 100% par l'Assurance maladie du panier « 100% santé » (sans reste à charge) qui comprend certaines prothèses dentaires à tarifs plafonnés : couronnes (notamment en céramique), bridges, dentiers...
Ce transfert sera répercuté sur les tarifs des complémentaires, et exposera directement les 4% de français dénués de complémentaire santé, ou ceux insuffisamment couverts (retraités, jeunes adultes, chômeurs...), souligne l'UFSBD, qui craint des renoncements aux soins, alors qu'en France, le recours au dentiste « reste insuffisant ».
« Trop de patients consultent tardivement, lorsque la douleur ou l’urgence apparaît, plutôt que de manière préventive », et cela entraîne « des traitements plus lourds et plus invasifs ».
« Décourager ces soins aujourd’hui, c'est programmer une dégradation de la santé bucco-dentaire des Français et une facture plus élevée demain », déplorait aussi vendredi CDF, syndicat de dentistes libéraux, dénonçant une « logique de déremboursement, témoin de l’ignorance des pouvoirs publics ».
Avec AFP