Assistants médicaux : les négos reprennent

Les syndicats représentatifs des médecins libéraux ont repris les discussions sur l’épineuse question des assistants médicaux (4 000 déployés au sein des cabinets libéraux à l'horizon 2022 dans le cadre du plan Ma santé 2022).

À l’arrêt depuis début février, les négociations sur les assistants médicaux viennent de repartir, selon l'APM. Les syndicats de médecins libéraux avaient suspendu leur participation, suite à une séance où l'assurance maladie avait présenté le calcul des "bénéfices attendus" du recrutement des assistants médicaux.
 
Le chiffrage dans le détail du "temps médical" libéré pour les médecins, mais aussi du nombre de consultations supplémentaires potentielles engendré, avaient provoqué l'exaspération des syndicats qui ont fini par accepter de reprendre les discussions sur la base de leurs positions communes.
 
Deux séances de négociations supplémentaires sur les assistants médicaux ont donc été programmées avec l'assurance maladie, selon les présidents de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et de la Fédération des médecins de France (FMF).
 
Elles seront l’occasion de revenir sur les points d’accord des parties prenantes des négociations. Soit, selon Jean-Paul Ortiz, président du CSMF, le "problème d'accès aux soins", notamment aux médecins traitants, et le "délai raisonnable" pour obtenir un rendez-vous avec les médecins spécialisés.
 
Autre position commune des syndicats : "l'assurance maladie doit accompagner la création de ces postes" d'assistants médicaux dans une "logique d'amélioration de l'accès aux soins dans les territoires", demande Jean-Paul Ortiz.

Plus de référence au nombre de consultations par heure

Le président du CSMF se montre également satisfait sur le point suivant : le directeur de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), Nicolas Revel, aurait enfin "admis" qu'il ne fallait pas faire "référence à un nombre de consultations par heure". Un constat partagé par le SML : "l’assurance maladie semble avoir reculé à ce stade sur sa volonté d’imposer des quotas d’activité aux praticiens".
 
Mais le président de la FMF, Jean-Paul Hamon, ne semble pas avoir entendu la même chose puisqu’il pense que le président de la Cnam "continue à penser que [la création des postes d'assistants médicaux] doit avoir un impact sur le nombre de patients".
 
Les différentes parties doivent également se mettre d’accord sur le coût d'un assistant médical, en se référant à la grille du personnel des cabinets médicaux. Ce coût tournerait autour de 35 000 euros par an, charges comprises, selon les présidents de la CSMF et de la FMF.
 
Du côté du SML, on estime que le coût de l’embauche d’un assistant médical se situe entre 40 000 et 43 000 euros : "Or certains syndicats paraissent déjà prêts à concéder à de moindres montants, comme si l’assurance maladie les avait déjà convaincus de 'jouer petits bras'", selon le SML, convaincu que "l’issue de la négociation est [désormais] suspendue au montant de l’aide que l’assurance maladie est prête à accorder aux médecins".
 
Une aide dont la dégressivité devra être compensée par "l'accroissement de la file active" des médecins, ainsi que des contreparties à cette aide, exige Jean-Paul Ortiz qui ajoute que les négociations sur ce point ne sont "pas encore prêtes d'aboutir".
 
Enfin, le président de la FMF regrette que les "conditions d'éligibilité pour avoir un assistant" soient "d'être un médecin dans un exercice regroupé", mais "surtout participant à une CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé, ndlr)".
 
Bref, si la situation semble avancer un peu, l’accord définitif est encore loin, très loin d’être signé !
 

Source: 

Avec APMnews

Portrait de Julien Moschetti

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