Après en avoir vu de toutes les couleurs, les réanimateurs de Nîmes sont à terre

Presse auscultée. Revalorisation salariale, ratio soignants/patients hors-sol, manque de formation… À Nîmes, les soignants ne battent pas le pavé. Ils s’y couchent. Un geste fort décrypté par Midi Libre.

À Nîmes, les équipes de réanimation sont à terre. Ce mardi 8 juin, plusieurs dizaines de professionnels de santé se sont sont couchés au sol au cours d’une manifestation. Une « image choc », selon Midi Libre qui était sur place, pensée pour faire valoir leurs trois revendications portant sur la réanimation :

  • Une revalorisation salariale

« Malgré la fatigue et l’épuisement, on a répondu présent au moment de la crise du Covid-19 », rappelle dans leurs colonnes une infirmière en réanimation, Céline Chauvet. Un don de leur personne qu’ils souhaitent voir récompenser par la création d’une nouvelle bonification indiciaire. « On a tenu. Maintenant, c’est au gouvernement d’être au rendez-vous », ajoute-t-elle.

  • Un ratio soignants/patients à l’équilibre

« À l’heure actuelle, dans les établissements de santé, un binôme d'un infirmier et d'un aide-soignant doit s'occuper de quatre patients », rappelle Midi Libre. Un déséquilibre capable de peser lourdement sur la qualité des soins « Avec une espérance de vie qui augmente, les soignants expliquent accueillir des patients de plus en plus vieux avec très souvent des complications lourdes », poursuivent nos confrères, qui soulignent que les manifestants réclament que ce ratio « hors-norme » soit divisé par deux. « C’est pour moi mais aussi pour mon patient. Aujourd'hui on a peur de faire l'erreur », poursuit leur interlocutrice.

  • Une réforme de la formation en réanimation

Mais il n’y pas que sur leur charge de travail ou sur leur compte en banque que les soignants réclament des changements. Sur le contenu de leur formation, aussi. « À l’heure actuelle, la formation en réanimation varie selon la volonté des établissements et le bon vouloir des réanimateurs », leur aurait confié les manifestants. Un apprentissage « sur le tas » que les professionnels de santé, inquiets, souhaitent voir évoluer. « On veut une réforme normée, actée de huit semaines avec un contenu défini », ajoute Céline Chauvet.

Des cris du coeur, clamés à Nîmes mais audibles dans toute la France, qui, s’ils étaient écoutés, pourraient peut-être leur permettre d’enfin se relever. Pour en savoir plus, c’est par ici.

Portrait de Julia Neuville

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