AP-HP : les vêtements des patients bichonnés

La fin de la chaussette solitaire

850 patients traités dans des unités de soins de longue durée bénéficient d’un service inédit à l'AP-HP : leurs vêtements sont marqués par une puce pour éviter leur perte. Ce dispositif concerne 30 000 vêtements par mois !

Alors que l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AH-HP) doit se défaire d’un mouvement social qui démarre à l’Hôpital de Garches (92), le service public expose aussi ses innovations. Dans un communiqué publié récemment, le Service Central des Blanchisseries - SCB pour les intimes - est mis à l’honneur.

Le linge suivi à la trace : 8 ans que ça dure !

Tout remonte suite à des plaintes de familles quant à la perte des vêtements personnels des résidents de l’AP-HP longue durée. Le SCB décide ainsi d'expérimenter dès 2009 une nouvelle procédure. À l’Hôpital Louis-Mourier de Colombes, on se met à prendre en considération l’importance des effets personnels pour les patients. « Pour une personne hébergée en gériatrie, perdre un vêtement est quelque chose qui peut être compliqué », indique Jean-Charles Grupeli, directeur du SCB, dans une vidéo publiée par l’AP-HP. « En travaillant sur cette question avec des soignants, ils nous ont expliqué que pour les personnes âgées, conserver les vêtements de leur vie d’avant, c’est conserver une part d’eux-mêmes. »

Dès l’année suivante, 6 autres CH se sont donc ajoutés au dispositif : Adelaïde-Hautval, Charles-Foix, Corentin-Celton, Fernand-Widal, René Muret et Rothschild. « Des discussions sont en cours avec d’autres établissements de l’AP-HP », indique le communiqué. Résultat, ce sont aujourd'hui 850 patients qui bénéficient du service, soit environ 30 000 articles qui font l’objet d’une attention particulière tous les mois.

Un service qui se rapproche d’une « qualité pressing »

Transporté dans des sacs spécifiques, le linge est lavé à basse température, « avec des programmes adaptés à leur fragilité ». L'AP-HP place ensuite sur le vêtement une puce radio-étiquette utilisant la technologie RFID (Radio Frequency IDdentification), adaptée à un passage en machine ! Et pour assurer le suivi du linge, du lavage au repassage, l’Assistance utilise le logiciel Ramses de la société Thermopatch. Le linge est traité au sein d'un service dédié dans des machines « moins agressives ». Le coût total des installations est de 350 000 euros, en ajoutant au compteur « deux évolutions au système » qui coûtent chacune 80 000 euros, précise l’AP-HP citée par TecHopital.

Mais ce n’est pas tout ! Le service « qui se rapproche d’une qualité pressing », selon le patron de la blanchisserie publique, répare également les vêtements qui peuvent l’être. Tout cela est gratuit pour le patient, car compris dans le forfait d’hébergement à l’hôpital.

Malheureusement, cela « génère aussi quelques contraintes », notamment un surplus administratif pour les équipes soignantes dans les unités concernées : il faut en effet remplir un bordereau d’identification pour le linge qui doit être marqué avant de les envoyer au sale.

Malgré ce protocole, on peut dire que le service blanchisserie de l’AP-HP ne chôme pas : chaque année, 12 650 tonnes de linge sont ainsi traitées, soit 20 700 600 vêtements ! Un sacré challenge pour ne pas perdre une chaussette en cours de route…

Source: 

Thomas Moysan

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