Ambulatoire : la France traîne encore la patte

Et Agnès Buzyn ne veut pas y passer la nuit

Parmi les pays de l’OCDE, la France accuse encore un retard important en médecine et chirurgie ambulatoire. Le ministère de la Santé souhaite passer la seconde, en plein virage.

Les années passent et le fameux virage de l’ambulatoire continue de faire tourner les têtes, mais visiblement pas encore les comptes de la Sécu. Le ministère de la Santé tente de braquer le volant pour ne pas finir dans le mur du déficit et, avec le PLFSS 2018, souhaite continuer l’effort pour faire diminuer le coût unitaire des interventions.

La méthode est simple : raccourcir au maximum la durée moyenne de séjour à l’hôpital. Et dans ce domaine, la France est à la masse. L'hôpital aime tellement ses patients qu’il veut les garder bien au chaud dans ses services, en leur accordant la troisième durée la plus élevée des pays de l’OCDE derrière le Japon et la Corée du Sud, d’après un rapport de l’organisation paru récemment : 10,1 jours.

Ventre mou du classement

Certains diront « Mollo le chameau, la durée d’hospitalisation a baissé de presque 14 % en 10 ans ». Certes, mais en moyenne, les pays de l’OCDE l’ont réduite de 18 %. Appréciation sur le carnet de notes : France peut mieux faire.

Du côté de la chirurgie, certaines interventions sont désormais massivement réalisées en ambulatoire. C’est par exemple le cas de 90 % des opérations de cataractes, et de 24 % des amygdalectomies. Mais là encore, le voisin fait mieux. Chez les Finlandais, pour ces mêmes interventions, les patients sont renvoyés chez eux dans 99 et 86 % des cas, avec les félicitations de l’OCDE.

Je t’opère et tu rentres à ta maison

Le gouvernement espère faire des économies d’environ 1,5 milliard d’euros pour l’hôpital uniquement. L’ambulatoire semble être la solution ultime. Une opération de la cataracte ? Ambulatoire ! Une prothèse de hanche ? Ambulatoire ! Un café entre deux interventions ? Ambulatoire aussi. Au rade en face de l'hôpital. 

L’Assurance maladie table sur des économies de 200 millions d’euros par an pour la chirurgie. Pour les réaliser, l’objectif du ministère de la Santé est chiffré : en 2022, 70 % des interventions devront être réalisées en hôpital de jour. Pour l’instant, cette part se limite à seulement 55 % (psst, chez les Danois c’est déjà presque 80 %. On dit ça…).

Agnès Buzyn l’avait dit au JDD fin octobre : « 30 % des dépenses de l’Assurance Maladie ne sont pas pertinentes ». L’hôpital n’est pas un hôtel, et les séjours nocturnes seront bientôt limités au strict nécessaire. Et à part les Urgences qui récupèrent le trafic, personne ne semble s’en plaindre.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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