31 ans, chef de clinique en pneumologie

Anthony Canellas a 31 ans et est jeune chef de clinique en pneumologie à l’Hôpital Tenon (AP-HP). Il nous livre ses souvenirs d’interne les plus marquants.

Quel est ton premier souvenir d’interne ?

Franchement, une très belle surprise. Je me suis rendu compte que les 3 jours que j’avais passés avant à me refaire toutes les pathologies n’étaient pas utiles. En fait, j’ai retrouvé l’hôpital dans lequel j’avais été externe, avec un bon encadrement. Mes appréhensions sont vite passées, et j’étais même plutôt content de mettre enfin mes connaissances en application.

 

Un souvenir de garde particulièrement marquant ?

Je me retrouve, jeune semestre, avec deux seniors réputés pour avoir l’habitude de partir se coucher tôt, et ensemble selon la rumeur. Ma co-interne étant en 1er semestre, je me suis donc retrouvé à gérer des déchocs en tant que médecin le plus expérimenté du SAU… Un peu traumatisant. Mais j’en garde le souvenir grisant de la sensation de fin de garde, quand le jour se lève et qu’on a juste envie de chanter « Libéré(e), Délivré(e) » (NDLR : BO de La Reine des Neiges).

 

Qu’est-ce que tu as préféré pendant ton internat ?

L’ambiance, l’esprit « Bisounours » entre co-internes, la cohésion dans les difficultés et aussi en dehors du service… Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est qu’on fait de nouvelles rencontres à chaque semestre, avec les équipes, les seniors… plus cette alchimie entre internes ! Maintenant que je vois ça à distance, les internes du service qui sortent ensemble boire des coups, ça donne un peu le cafard.

 

Qu’est-ce qui a été le plus difficile ?

Les 6 derniers mois ! J’avais énormément procrastiné, alors entre thèse, mémoire et préparation de la suite, je me suis dit « plus jamais ça ».

 

Et avec les patients, y a-t-il une situation qui t’a spécialement marqué ?

Oui, je commençais alors en oncologie, j’avais passé beaucoup de temps avec un patient au début de sa prise en charge, pour une méningite carcinomateuse. Sa femme était très présente, alors on se retrouvait souvent à 3 dans la chambre. Il s’est vite dégradé et ne communiquait presque plus, et à un moment sa femme est venue me voir pour me dire qu’il avait réussi à lui dire qu’il l’aimerait toujours et qu’elle était la plus belle chose qui lui soit arrivée. C’était super émouvant.

 

Comment tu as choisi la pneumo comme spé ?

Cela a été assez théorique puisque je n’en avais pas fait pendant l’externat. L’aspect diversifié infectieux/allergo/oncologie me plaisait. J’avais fait ce choix dans l’optique de faire de la réa med’. Et puis, au fil des rencontres, j’ai été happé par l’oncologie, notamment via les soins pallia’.

 

Qu’est-ce que tu conseillerais au jeune Anthony qui fait son premier jour à la fac de médecine ?

Travaille ! Je me suis rendu compte que la physio, par exemple, était à ne pas négliger dans ma spé !

 

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Portrait de Jean-Victor Blanc
article du WUD 34

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