© Midjourney x What's up Doc
Le 9 juin 2018, Maxime, 30 ans, originaire de Toulouse, est admis au centre hospitalier Émile-Roux du Puy-en-Velay après avoir ressenti des douleurs thoraciques lors d'une séance de karting, selon les infos de l’Eveil de la Haute-Loire. Pris en charge à 17h36, une radio thoracique lui est prescrite à 18h15, sans qu'elle soit interprétée par un radiologue ni qu'un compte rendu soit rédigé. Le médecin urgentiste qui l'ausculte ne relève pas d'anomalie, malgré des douleurs irradiant vers le cou que le patient évalue à 9 sur 10.
Vers 19h, une première complication logistique retarde le bilan sanguin : le prélèvement a coagulé et doit être renouvelé. Peu avant 20h, de la morphine est prescrite pour soulager le patient. À 23h30, l’interne en cardiologie pratique une échographie cardiaque, sans en enregistrer les images ni en rédiger de compte rendu, et conclut à une origine non cardiaque des douleurs.
Le lendemain matin à 7h10, Maxime est retrouvé inconscient. Un massage cardiaque est entrepris, sans succès. Le décès est constaté. Le médecin légiste conclura à une dissection aortique non diagnostiquée.
Une perte de chance évaluée entre 70 et 85 %
Selon au moins un expert mandaté pour examiner le dossier, le diagnostic de dissection aortique aurait pu être posé. La perte de chance de survie qui en résulte est évaluée entre 70 et 85 %. C'est sur ce point que repose l'essentiel de la charge pénale.
Les experts identifient plusieurs manquements. La radio thoracique n'a pas été soumise à l'interprétation d'un radiologue, ce même cliché n'était par ailleurs pas versé au dossier papier de la cardiologue, qui ne pouvait donc pas le consulter. L'absence de compte rendu de l'échographie est également pointée.
Le scanner n'a pas été demandé
Le reproche central adressé aux deux praticiens est de ne pas avoir poussé les investigations jusqu'à la demande d'un scanner. L’interne explique ne pas avoir sollicité le cardiologue senior « par peur de se faire remonter les bretelles le lendemain, pour avoir appelé pour rien » toujours selon L'Éveil de la Haute-Loire. Le médecin urgentiste, de son côté, invoque un faisceau d'éléments trompeurs, comme la biologie normale, et l’avis du cardiologue.
Huit mois de sursis requis, jugement en délibéré
À l'issue des débats, le ministère public a requis huit mois d'emprisonnement avec sursis à l'encontre de chacun des deux prévenus. Le jugement a été mis en délibéré.
A voir aussi
Affaire Joël Le Scouarnec : le collectif de victimes reçu place Vendôme, sans calendrier précis
Il a dissuadé un terroriste de faire exploser une maternité en lui faisant… un câlin