© Midjourney x What's up Doc
Le praticien âgé de 69 ans, qui avait comparu fin mars, devra s'acquitter d'une amende de 20 000 euros et verser plus de 175 000 euros de dommages et intérêts, au total, à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) et à la Mutualité sociale agricole (MSA) du Lot-et-Garonne, à la MSA de la Dordogne et de la Gironde, ainsi qu'au Conseil national de l'Ordre des médecins, parties civiles.
Ce praticien installé à La Réole (Gironde) a été jugé coupable « d'aide au mésusage ou à l'abus » d'un médicament, de « mise en danger d'autrui » et d'escroquerie au préjudice d'organismes de protection sociale. Selon son avocat, Thibault Soubelet, il compte faire appel.
Des doses 5 fois supérieures au maximum autorisé
En 2023, la gendarmerie avait ouvert une enquête en apprenant qu'un couple se vantait de se procurer facilement un spray nasal de fentanyl, antidouleur opioïde 100 fois plus puissant que la morphine et extrêmement addictif, qui peut être utilisé comme une drogue.
Le généraliste prescrivait à ce couple et à une poignée d'autres patients, dont certains sans pathologie cancéreuse, des doses jusqu'à cinq fois supérieures à la maximale quotidienne autorisée, et ce sans le mentionner sur ses ordonnances, ce qui a entraîné le remboursement indu des produits.
À l'audience, le prévenu avait expliqué son action par la « détresse physique et psychique » de ses patients, assurant avoir péché par « ignorance » en ne mentionnant pas que le médicament était prescrit en dehors des indications validées par les autorités sanitaires.
« Il n'est pas oncologue, il n'est pas radiothérapeute. Depuis 1991, il fait fi des rappels qui lui ont été faits (par l'Ordre des médecins, NDLR), il continue de penser qu'il est au-dessus de tout ça. Il prescrit de l'Instanyl (spray nasal) comme du Doliprane », avait tancé la procureure.
L'enquête n'a pas établi l'existence d'un trafic de stupéfiants qui aurait profité au mis en cause. Les patients poursuivis ont été relaxés, a précisé à l'AFP l'avocat de l'un d'eux, Olivier Couleau.
Avec AFP
A voir aussi
Des injections de botox directement dans la cuisine : une influenceuse russe condamnée pour médecine esthétique clandestine