161 postes et 4 services supprimés : À Pau, l’hôpital public contraint d’absorber la fermeture partielle d’une clinique privée

Article Article

Le centre hospitalier de Pau va devoir pallier, dès septembre, la fermeture d'une maternité et de plusieurs services d'une clinique privée de la ville placée en redressement judiciaire, ont indiqué hier l'ARS Nouvelle-Aquitaine et la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

161 postes et 4 services supprimés : À Pau, l’hôpital public contraint d’absorber la fermeture partielle d’une clinique privée

© ChatGPT x What's up Doc

Jeudi 7 mai, le groupe GBNA, à la tête de 11 autres établissements de santé en Nouvelle-Aquitaine, a annoncé un vaste plan de restructuration de la polyclinique Pau-Pyrénées, comprenant la fin de plusieurs activités : la maternité, les soins de rééducation, l'oncologie médicale et les urgences nocturnes. Soit 161 emplois supprimés sur plus de 500.

Le groupe met en avant une « situation économique critique », avec un déficit d'exploitation de 2,7 millions d'euros en 2025. Les « difficultés » de l'établissement, placé en redressement judiciaire mi-avril, étaient connues de l'ARS, qui l'a subventionné à hauteur de 5 millions d'euros ces cinq dernières années, a indiqué lundi Benoît Elleboode, directeur général de l'ARS Nouvelle-Aquitaine, lors d'une conférence de presse.

L’Etat hausse le ton

Dans un courrier commun adressé mardi dernier à la direction de GBNA, le préfet Jean-Marie Girier et l'ARS pointaient un « choc social majeur » et fustigeaient une « logique que l'Etat ne saurait cautionner », celle « de préserver les seules activités jugées rentables tout en abandonnant l'hospitalisation complète ».

Ils enjoignaient surtout le groupe à assurer une continuité des soins au moins jusqu'à la rentrée de septembre pour garantir une « reprise sécurisée » de la patientèle par l'hôpital. « La clinique ne s'extrait pas de ses obligations quand elle le veut, a dit l'ARS lundi, on a été très clairs avec l'établissement et ils respectent nos indications. »

Le centre hospitalier de Pau devra en particulier absorber les naissances programmées à la clinique, même si celles-ci sont en forte baisse, notamment en raison de la chute de la natalité (600 prévues en 2026 contre plus de 1 200 en 2022). « On a la place pour les accueillir, mais la capacité de personnel n'y est pas encore, il faudra effectivement recruter du personnel supplémentaire », souligne Benoît Elleboode.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/lhopital-montsouris-est-sauve-foch-et-curie-volent-son-secours

Dans un tract appelant à la mobilisation, des salariés de l'établissement évoquent une annonce « brutale » et « déshumanisante » et attendent des « reclassements sérieux », « des vraies indemnités supra-légales » et des « aides réelles à la reconversion et à l'installation ».

Ils ont manifesté lundi devant la préfecture, lors d'un rendez-vous entre deux délégations syndicales de la CGT et de la CFDT de la polyclinique, l'ARS, le préfet Jean-Marie Girier et plusieurs élus locaux.

Avec AFP

Aucun commentaire

Les gros dossiers

+ De gros dossiers