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Le parquet avait requis dix mois de prison avec sursis à l’encontre de cet ancien traumatologue et médecin urgentiste, qui contestait les faits et dont l’avocate avait demandé la relaxe.
La plaignante avait 21 ans au moment des faits. En mai 2017, elle s’était rendue à l’hôpital de Suresnes pour un troisième rendez-vous de suivi après une fracture du coude. Elle avait déjà commencé sa rééducation et venait, selon son récit, pour un simple contrôle postopératoire.
Devant le tribunal, elle a accusé le praticien d’avoir commencé à lui masser la nuque sans l’en informer, avant de glisser les mains sous son soutien-gorge et de lui toucher la poitrine.
« Il a descendu sa main dans mon soutien-gorge, profondément », a-t-elle déclaré à la barre, selon Actu-Juridique. Elle affirme que le médecin a ensuite utilisé sa seconde main et « malaxé » sa poitrine, tout en présentant ses gestes comme un massage du muscle pectoral.
La patiente a également rapporté des propos à caractère sexuel. Selon elle, le médecin lui aurait dit qu’elle avait « une jolie poitrine » et que, malgré ses 62 ans, il « restait un homme ». Elle affirme encore qu’il lui aurait déclaré qu’elle penserait à lui le soir en se regardant dans un miroir.
Une plainte déposée immédiatement après la consultation
La jeune femme avait porté plainte au commissariat de Suresnes peu après la consultation. Les enquêteurs avaient notamment relevé un message envoyé à une amie immédiatement après les faits, dans lequel elle décrivait la scène dans des termes similaires à ceux employés neuf ans plus tard devant le tribunal, rapporte Actu-Juridique.
Son état de détresse psychologique avait également été constaté par un psychologue. La procédure était toutefois restée sans suite apparente pendant plusieurs années, avant que la plaignante ne relance le parquet en 2023 et n’obtienne le renvoi du médecin devant le tribunal correctionnel.
À l’audience, elle a expliqué que les conséquences de l’agression présumée avaient durablement affecté son rapport à son corps. Elle a notamment déclaré avoir renoncé à allaiter son deuxième enfant parce qu’elle ne supportait plus qu’on lui touche la poitrine.
« Je suis bouleversée », a-t-elle répondu lorsque son avocate lui a demandé comment elle vivait sa présence devant le tribunal.
Deux autres plaintes évoquées à l’audience
Le médecin n’était poursuivi que pour les faits dénoncés par cette patiente. La présidente du tribunal a néanmoins évoqué deux autres plaintes déposées contre lui en 2015 et 2016, afin d’éclairer le contexte du dossier.
Une étudiante en médecine âgée de 24 ans avait affirmé en 2015 que le praticien lui avait touché le sexe et la poitrine au cours d’une consultation. Une seconde femme, âgée de 43 ans, avait dénoncé en 2016 des pénétrations digitales effectuées lors d’un examen gynécologique dont elle disait ne pas avoir été préalablement informée.
Ces deux procédures n’avaient pas abouti à un renvoi devant le tribunal au moment de l’audience. Elles ne faisaient donc pas partie des faits pour lesquels le médecin était jugé.
Interrogé sur la similitude des accusations, le prévenu a invoqué une évolution des rapports entre médecins et patients. « Les codes relationnels semblent s’être modifiés », a-t-il déclaré, toujours selon le compte rendu d’audience.
Le praticien, qui a exercé la traumatologie pendant 38 ans, a soutenu avoir uniquement massé le muscle pectoral de la patiente dans le cadre d’un travail postural nécessaire à la rééducation de son coude. Il a nié avoir touché son sein ou prononcé des paroles à connotation sexuelle.
À la question de savoir pourquoi trois femmes ne se connaissant pas avaient formulé des accusations similaires, il a répondu ne pas avoir d’explication, évoquant une période au cours de laquelle les usages dans la relation entre médecins et patients auraient changé.
Le tribunal a finalement écarté la demande de relaxe et prononcé une peine de six mois de prison avec sursis, neuf ans après les faits.
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