Thomas Fatôme pointe « le poids des maladies chronique » dans les dépenses de santé de l’Assurance maladie

A quelques jours d'un rapport attendu sur ses pistes d'économies, le directeur de l'Assurance maladie, Thomas Fatôme, a pointé lundi "le poids des maladies chroniques" dans ses dépenses, dont les données par pathologies seront accessibles dès mardi via un site en open data.

La tendance se confirme année après année : "on voit une concentration des dépenses de santé autour des maladies chroniques", a relevé M. Fatôme lors d'une présentation à la presse du nouveau site "Data pathologies" retraçant les remboursements pour 57 catégories de maladies, par région ou département, de 2015 à 2020.

Les chiffres les plus récents font en effet état d'un total de 168 milliards dépensés pour la prise en charge de plus de 66 millions de malades, dont 104 milliards au titre des pathologies chroniques, soit 62%.

Une part en progression d'un point par rapport à 2019, essentiellement en raison de la chute des hospitalisations "ponctuelles" pendant les confinements dus aux premières vagues de Covid-19.

Mais l'analyse sur plusieurs années met en évidence "des facteurs extrêmement lourds qui poussent à la hausse", a souligné M. Fatôme. En cinq ans, le nombre de malades a ainsi augmenté de 440 000 pour le diabète et de 540 000 pour les pathologies cardio-vasculaires.

"le débat sur la politique de santé est d'autant plus pertinent qu'il se base sur des données étayées"

Dans le même temps, le coût des traitements a bondi de 18% pour les "cancers en phase active" et jusqu'à 50% pour celui du poumon, avec l'arrivée de nouveaux traitements comme l'immunothérapie. "Une bonne nouvelle pour la prise en charge des patients", a reconnu le patron de l'Assurance maladie, assurant n'être "pas là pour dire que ça coûte trop cher, mais pour donner à comprendre".

Une manière aussi de préparer le terrain avant son rapport annuel "Charges et produits", qui a pour but de proposer au gouvernement des pistes de maîtrise des dépenses de santé, en amont du budget de la Sécu présenté à l'automne.

Sans déflorer ses propositions attendues fin juin ou début juillet, il a affirmé que "le débat sur la politique de santé est d'autant plus pertinent qu'il se base sur des données étayées", ajoutant que "notre responsabilité est de provoquer ce débat".

Avec AFP

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