© Midjourney x What's up Doc
Près de 68 % des médecins constatent que leurs patients utilisent Internet pour analyser leurs symptômes, au moins occasionnellement. Mais ces usages concernent très majoritairement des outils grand-public : Google, forums… et désormais ChatGPT. Les patients cherchent déjà à comprendre leurs symptômes, mais en ayant le plus souvent recours aux mêmes interfaces que ceux qu’ils utilisent quotidiennement pour leurs recherches habituelles et qui n’apportent pas d’encadrement médical particulier, pas de validation scientifique ni de recommandation par des professionnels de santé.
Une méfiance qui tient surtout à la méconnaissance
Face à cette réalité, les médecins restent prudents. Près d'un tiers redoute des erreurs d'orientation ou des retards de prise en charge. Mais le rejet de l’auto-diagnostic du patient n'est pas pour autant massif : 44 % des médecins y voient un point de départ utile de la relation de soins, 22 % une aide au repérage, et plus d'un quart estiment que cela ne change rien à leur pratique. Seuls 8,6 % se sentent réellement menacés.
Ce qui éclaire ces réticences, c'est moins un rejet de fond qu'un manque de repères. 50,9 % des médecins ne connaissent pas du tout les symptom-checkers, seuls 5,8 % déclarent bien les connaître, et un sur deux est incapable d'en évaluer la fiabilité. Plus révélateur encore : plus d'un médecin sur deux ne fait pas la différence entre un outil médical validé et ChatGPT. Dans leur esprit, tous ces outils se ressemblent, et c'est certainement cela le vrai problème.
Une étude indépendante publiée en février 2025 dans Nature Medecine vient pourtant rappeler ce que cette confusion peut coûter : selon ses auteurs, ChatGPT sous-estime 52 % des cas jugés comme des urgences immédiates par des médecins. Les chercheurs parlent d’un risque « incroyablement dangereux » que représente l’utilisation de ces outils d’IA générative généraliste à des fins d’auto-diagnostic médical, ce qui n’est en revanche pas le cas des outils d’évaluation des symptômes et/ou d’aide au diagnostic faisant appel à l’IA en ayant été spécifiquement développés à des fins médicales et ayant fait l’objet d’études scientifiques dans ce cadre.
À ce risque clinique s’ajoute un enjeu rarement évoqué mais tout aussi structurant : celui de la sécurité des données de santé. Les outils grand public comme ChatGPT ne sont pas conçus pour traiter des données médicales sensibles dans un cadre conforme aux exigences réglementaires européennes. À l’inverse, les symptom-checkers développés comme dispositifs médicaux, tels que ceux reposant sur la technologie Ada (marquage CE, DM de classe IIa), s’inscrivent dans un cadre strict, avec un hébergement de données de santé (HDS) et une conformité au RGPD.
Des usages potentiels rééls… mais conditionnés à la confiance
Lorsqu'on interroge les médecins sur le rôle potentiel de ces outils, les réponses sont sans ambiguïté : mieux structurer la demande du patient, aider à formuler les symptômes, orienter avant consultation, améliorer le repérage précoce. Mais ces bénéfices perçus buttent sur un même obstacle : seuls 31,7 % des médecins jugent ces outils fiables, et seuls 12,5 % les recommandent régulièrement à leurs patients.
Or il y a une différence fondamentale entre un symptom-checker médicalement validé (certifié marquage CE, dispositif médical de type 2a) et un outil grand public. Un outil comme celui proposé via MySantéclair, basé sur la technologie Ada, repose sur une démarche clinique structurée : conception par des médecins, base de connaissances médicales, raisonnement algorithmique et validation scientifique. Les études montrent une capacité à proposer des orientations pertinentes et sécurisées, reposant sur de hauts niveaux de pertinence et de sensibilité des évaluations de symptômes permises notamment grâce à la qualité de la structuration du recueil des informations médicales requises, et une cohérence avec les raisonnements cliniques attendus.
Redonner un cadre médical à l’autodiagnostic
Les patients utilisent déjà massivement des outils comme ChatGPT pour s'orienter. Faute de recommandation médicale, ils se tournent vers les solutions les moins fiables, non par choix, mais par défaut d’information sur les solutions plus qualitatives existantes. Il devient donc essentiel que les médecins s'approprient davantage les symptom-checkers médicalement validés et reconnus comme dispositif médical : non pour déléguer le diagnostic, mais pour sécuriser une pratique déjà existante et répandue chez nombre de leurs patients, qu’il s’agit d’orienter vers des outils à la hauteur de leurs attentes et besoins.