Stationnement : les médecins forcés de raquer

Marre des prunes

Ulcérés par les tarifs prohibitifs de stationnement dans certaines communes, les professionnels de santé se liguent contre les villes qui les détroussent le plus.

Trop, c’est trop. Verbalisations, cartes de stationnement coûteuses… Certaines communes françaises ne font rien pour faciliter les visites à domicile des médecins. C’est pourquoi, la Fédération des Soins Primaires (FSP), qui regroupe médecins, infirmiers et sages-femmes et l’Union nationale des professionnels de Santé (UNPS) a fait savoir, la semaine dernière, qu’ils militeraient désormais pour le stationnement gratuit des professionnels de santé. La Fédération vient grossir les rangs d’une large coalition composée d’autres syndicats de médecins (CSMF, MG France, FMF, SML).

« Jusqu’à présent, les tarifs des cartes de stationnement étaient anecdotiques et acceptables. Nous payions notre carte de stationnement une centaine d’euros l’année », remarque le Dr Philippe Marissal, généraliste et président de la FSP. « Mais aujourd’hui, certaines mairies ont décidé de s’engraisser sur le dos des libéraux », déplore-t-il.

2 000 euros l’année

Selon Philippe Marissal, certaines villes font payer la carte de stationnement près de 2 000 euros. «Il suffit qu’une commune le fasse pour que les autres lui emboîtent le pas », ajoute-t-il. « C’est limite plus intéressant de payer une amende de temps en temps. » Une gangrène qui concerne aussi bien les grandes villes comme Paris, Lille et Lyon que les plus petites comme Palavas-les-Flots (Hérault).

« Il n’y a pas que les médecins qui sont touchés. Pour les infirmières, qui gagnent moins, cette situation est d’autant plus injuste », remarque le généraliste. De son côté, l’UNPS rappelle dans un communiqué que la plupart des professionnels de santé libéraux se déplacent quotidiennement au domicile de leurs patients. Ce faisant, « l’accès au soin est garanti pour tous et de nombreuses hospitalisations sont évitées. »

Le caducée ne protège plus

Le président du FSP se souvient d’une époque où le caducée de médecin offrait la tolérance des municipalités. « On restait le temps d’une visite et on repartait », raconte Philippe Marissal. Néanmoins, il reconnaît qu’il y a eu des abus de la part de certains professionnels tentés d’utiliser leur passe-droit pour se garer gratuitement en dehors des horaires de travail. À ça, le généraliste propose la mise en place d’un document spécifique pour les professionnels de santé.

« Nous souhaitons une discussion avec l’association des maires de France et revenir sur certaines décisions », affirme le président du FSP. « Nous ne sommes pas là pour abuser mais pour offrir un service aux patients. »

Cette mobilisation a d’ores et déjà porté ses fruits. « Clermont-Ferrand est revenue sur sa décision de faire payer 1200 euros l’abonnement de stationnement. La ville étudie un autre système », explique le généraliste. Quant aux villes qui refusent de faire un effort, gare à elles. « Au final, les médecins concernés iront s’installer en banlieue où le parking est moins onéreux », prévient-il.

 

Source: 

Im`ene Hamchiche

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