Rennes : trois médecins du travail démissionnent

Trois médecins du travail du service santé au travail de la Ville de Rennes et de Rennes métropole ont démissionné en deux mois. L’opposition tire la sonnette d’alarme.

« Jamais deux sans trois », dit le dicton. Le service santé au travail de la Ville de Rennes et de Rennes métropole en a fait l’amère expérience ces dernières semaines. En effet, trois médecins du travail ont démissionné en l’espace de deux mois, rapporte le journal Ouest-France. Après leur cheffe de service en mars dernier, ce sont deux autres médecins du travail qui ont démissionné ces derniers jours. 
 
En début d’année, le service santé au travail était composé de trois médecins, deux psychologues, deux infirmières et deux secrétaires médicales qui s’occupait des 7 500 agents métropolitains et municipaux. Jusqu’à ce que la chef du service santé au travail de Rennes Métropole et de la ville de Rennes démissionne en mars dernier pour dénoncer le manque de moyens.
 

Impossibilité de faire respecter la loi

 
C’est le gel du poste d’une infirmière qui avait précipité son départ, le médecin expliquant qu’elle ne pouvait pas suivre 7 500 agents et qu’elle était donc dans l’incapacité de respecter et faire respecter la loi. Impossible en effet selon elle d’effectuer les examens médicaux obligatoires qui doivent se dérouler tous les cinq ans. Mais aussi de réaliser les visites sur site, les examens de reprise après un arrêt, les examens d’embauche…
 
La démission récente des deux autres médecins « crée une situation extrêmement grave et préoccupante pour l’avenir de la médecine de prévention », ont réagi les élus de la France insoumise dans un communiqué publié le 10 mai.
 
Selon eux, le bilan de la médecine du travail 2018 de la Ville de Rennes et Rennes Métropole faisait état d’une augmentation des accidents du travail et de la souffrance au travail, en raison « de diverses problématiques d’organisations, de management et de missions ». Il convenait donc « de toute évidence de renforcer le service de prévention », considèrent-ils.
 

Situation similaire à France Télécom ?

 
Et de faire le parallèle avec le procès de France Télécom « où l’ex PDG de France Télécom et ses sbires perdurent dans le déni face à la souffrance qu’ils ont généré ; rappelons qu’ils avaient eux aussi commencé par provoquer la démission de plusieurs médecins du travail. »
 
De son côté, le directeur général adjoint des services de la Ville, Joan Theuret, se défend en évoquant « une phase de réorganisation afin de créer un seul et même service, en rapprochant les services santé au travail et la direction de prévention des risques professionnels. » 
 
Tout en rappelant que les deux autres médecins démissionnaires sont toujours en poste en attendant la fin de leur préavis. Il assure également que le recrutement de nouveaux médecins a été lancé et précise avoir fait appel à des renforts temporaires : « Nous avons ajouté à l’effectif trois postes d’infirmiers et un poste de psychologue clinicien afin de disposer des moyens suffisants pour travailler. » 
 

Portrait de Julien Moschetti

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