Renaloo blacklistée du congrès des néphrologues

L’association de patients atteints d’insuffisance rénale (IR), Renaloo, s’est vue bannie des congrès organisés par la SFNDT à la suite de ses dénonciations de certaines mauvaises pratiques médicales à La Réunion.
 

C’est à Nancy, du 1er au 4 octobre 2019, que se tiendra le 4ème Congrès de la Société francophone de néphrologie dialyse et de transplantation (SFNDT) et sur la liste des invités, une association ne trouvera pas son nom. Renaloo, association de patients touchés par l’insuffisance rénale affirme avoir été « blacklistée » par la SFNDT. Pourquoi ? Parce que Renaloo a rapporté dans un communiqué et témoigné dans Le Monde des suspicions à l’encontre de l’Association pour l’utilisation du rein artificiel à La Réunion (Aurar).
 
Ce qui inquiète Renaloo, c’est ce que David Gruson (ancien directeur général du CHU de la Réunion) dénonce dans sa tribune comme les dialyse gate. « Pendant que ces actions de soutien à la greffe et au développement des prélèvements d'organes étaient engagées, un système opaque tournait à plein régime pour maintenir, contre leur intérêt médical, les patients dialysés en centre », déclare D. Gruson. Ce constat n’est pas nouveau, puisque c’était dans le rapport de la Cour des comptes sur l’ensemble du territoire en 2015, mais ce n’est jamais agréable de sentir Hippocrate faire un looping dans sa tombe.

L’Aurar a les reins financiers solides

En 2017, l’Aurar a été le sujet d’un rapport de la chambre régionale des comptes, envoyé au ministère de la Santé. Les retours n’annoncent rien de bon pour l’association à but non-lucratif. Elle aurait profité d’une défaillance de contrôle de la part des autorités sanitaires pour remplir ses caisses… et étendre ses activités. En investissant dans du patrimoine immobilier à hauteur de 30 millions d’euros notamment. Au total, l’Aurar aurait amassé 41,1 millions d’euros en 2017, principalement grâce aux remboursements de la Sécurité Sociale. Le rapport de la chambre régionale des comptes a relevé des irrégularités dans les comptes de l’association par rapport aux activités réelles, et fin 2018, c’est le drame. La Sécurité Sociale porte plainte pour surfacturation de soins.
 
Face aux dénonciations de Renaloo et du journal Le Monde, la SFNDT a « décidé de ne plus inviter Renaloo aux réunions qu’elle organise avec les associations de patients ». C’était pourtant une habituée des congrès annuels autour de la néphrologie. Mais après avoir divulgué dans la presse le scandale financier et sanitaire de l’Aurar, les organisateurs ont préféré déchirer leur carton d’invitation. En parallèle du rapport de la chambre régionale des comptes, qui devrait être publié prochainement, le Sénat a commandé une autre enquête à la Cour des comptes, cette fois nationale.
 

Portrait de Angela Herrmann

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