Rémission impossible - Critique de « Tout va super » de Patrick Cassir

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Cette chronique douce-amère de la mort annoncée d'une mamma libanaise garde une tenue constante, où tendresse rime avec justesse. 

Rémission impossible - Critique de « Tout va super » de Patrick Cassir

© ATELIER DE PRODUCTION - TF1 FILMS PRODUCTION - D.A.C.P - 2025

Elie va bien : après cinq années à accompagner sa mère malade d'un cancer, il apprend qu'elle est en rémission et le soir-même rencontre l'amour de sa vie. Mais l'éclaircie est de courte durée : Sylvaine fait partie d'une minorité statistique, celle des patients en rechute immédiate. Elie, fils à maman envahi de compulsions conjuratoires, va tenter de mettre à distance la réalité de la maladie par l'illusion de la pensée magique.

S'il est une chose à mettre au crédit de ce film sympathique et pourtant beaucoup plus chargé et profond qu'il n'y paraît, c'est le respect de son pari de départ, clairement exprimé dès les deux premières scènes d'exposition, exquises dans leur façon de camper ces personnages qui ont le bonheur inquiet et qui, passée cette parenthèse enchantée mais éphémère, progressent vers la douleur inéluctable dans une posture bien similaire au final. 

L’art de rester soi

Cette façon d'évoluer en restant inexorablement soi-même, malgré son propre conditionnement - culturel, familial - à propos duquel il s'agira plus d'adopter du recul que de le rejeter, est incarnée par un acteur qui nous avait tapé dans l'oeil dès son premier film, le déjà très réussi Docteur ?, avec le regretté Michel Blanc. Clown blanc constamment attendrissant, il permet de rendre touchant un personnage dont la trajectoire, décrite sans recul par une réalisation très premier degré, pourrait se résumer à passer d'une mère à l'autre, et à court-circuiter son deuil. 

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Volontaire ou pas, cette dimension réac' jamais remise en question passe au second plan, en tout cas ne gâche pas l'ensemble, tant le recours aux clichés et mécaniques éculées est maîtrisé et, surtout, constamment accompagné de respect pour des personnages constamment dignes, surtout dans leurs faiblesses. C'est tout l'art de ce film au fort potentiel nostalgique, que de savoir utiliser précisément cette nostalgie-ci pour soutenir son propos sur la fin de vie.

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