Régulation : la CSMF rappelle le 116 117

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) insiste pour qu’un numéro d’appel du médecin de garde soit généralisé sur le territoire. Le 116 117 aiderait à désengorger les urgences, estime le syndicat.

Il est nécessaire de « désengorger les urgences en différenciant les demandes de soins non programmés qui peuvent être prises en charge par la médecine de ville, des urgences médicales graves ou vitales ». En pleine crise des urgences, la CSMF rappelle le bénéfice d’une bonne régulation médicale des soins non programmés, et insiste pour que soit mis en place au niveau national un numéro d’appel, le 116 117.
 
Dans un communiqué daté du 30 août, la CSMF conteste ainsi l’idée de la mise en place d’un numéro unique géré par les structures hospitalières qui, en plus de nécessiter des moyens importants, ramènerait encore plus de monde aux urgences, estime le syndicat. Elle pointe même un risque constitué par « des files d’attente interminables avec toutes sortes de motifs d’appels : des infarctus aux accidents de la route, en passant par les grippes ou les fièvres », noyant dans le flot d’appel les urgences vitales.

Someone please call 911

Le sujet est récurrent, et les différents acteurs se positionnent. L’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale de l’administration (IGA), comme les différents acteurs, n’ont pas réussi à se mettre d’accord. En octobre 2018, dans leur rapport sur la question, ils avaient proposé plusieurs pistes à étudier, et ont renvoyé la patate chaude dans le camp du gouvernement : maintenir les numéros, créer un numéro unique (112) similaire au 911 américain, fusionner des numéros (15 et 18 ou 17 et 18) … Les choix sont multiples.
 

À lire aussi : Samu : on reparle du numéro unique

Dans son rapport sur les soins non programmés rendu en juillet 2018, le député Thomas Mesnier proposait un numéro unique de santé remplaçant le 15, permettant de faire une régulation de médecine générale libérale. Agnès Buzyn, invitée de France Inter le 26 août dernier, citait de son côté le modèle danois, où « vous n’entrez jamais aux urgences sur vos deux pieds » (sauf si vous êtes médecin, of course). L’expérience nordique aurait fait reculer le nombre d’admissions d’environ un quart, sans pour autant faire exploser le nombre de visites chez les libéraux. Le numéro aurait donc fait fuir la bobologie des urgences, celle qui agace tout le monde.
 
La ministre a cependant confié que la méthode était un peu extrême, et a confirmé que son ministère continuait d’évaluer les solutions. Veuillez patienter.

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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