Réforme de l’hôpital : Le Gouvernement attendu au tournant

Agnès Buzyn n’a pas le droit à l’erreur demain

Le Premier ministre Edouard Philippe présentera demain un plan de transformation du système de santé. En ligne de mire notamment : les modalités de financement de l’hôpital. Dans un contexte explosif chez les hospitaliers, des mesures fortes sont attendues.

319 hôpitaux publics ont un endettement « excessif », juge la Cour des comptes. 158 cliniques privées sont en difficulté et 25% des établissements à but non lucratif sont déficitaires. Dans ce contexte tendu, secteur public (FHF), acteurs privés (FHP) et établissements privés à but non lucratif (FEHAP) ont adressé un courrier commun à la ministre de la santé, la semaine dernière, pour accroître la pression sur Agnès Buzyn.

Ça urge

Le timing est maîtrisé, demain est une date importante puisque le Gouvernement va dévoiler un plan pour réformer l’hôpital, une nouvelle « Stratégie de Transformation du système de santé », indique même l’agenda d’Agnès Buzyn. Rien que ça. Il faut dire que ça urge. Le climat est délétère : mi-janvier, 1 000 médecins hospitaliers et cadres de santé ont signé une tribune anti-T2A dans Libération. Dans le même temps, d’autres se lâchent sur les réseaux sociaux, derrière le hashtag #BalanceTonHosto. C'est sans parler de la maigre restitution du cash mis en réserve au titre du coefficient prudentiel...

Ainsi, le déficit cumulé des établissements hospitaliers ne devrait pas revoir la lumière avant quelques années, bien enfoui au fond du gouffre dans lequel il creuse encore. Et malgré la hausse de l’Ondam (+2,3 % en 2018), les dépenses de santé qui explosent vont conduire les hôpitaux à devoir réaliser jusqu’à 1,6 milliard d'euros d’économies cette année, selon la dernière loi de financement de la Sécurité sociale. 

Tous attendent des actes

Agnès Buzyn n'a donc pas le droit de décevoir ce mardi, expliquent les fédérations hospitalières. « L’hôpital est à l’os », a lâché Frédéric Valletoux, président de la FHF, dans Le Parisien. Le suicide de nombreux internes en 2017, et en ce début d’année, n’a rien arrangé. Enfin, la baisse des tarifs année après année, poussée par l’envolée du volume des actes — réaction des hôpitaux qui doivent en faire plus toujours plus pour trouver l'équilibre — a conduit à une nouvelle baisse du tarif des actes par l’État… Le serpent, non seulement se mord la queue, mais il s’étouffe avec.

Conclusion terrible, 11% du PIB sont dépensés pour la santé, et pourtant rien ne semble aller ! Agnès Buzyn reconnaissait elle même dans une interview à Libération il y a deux mois que « nous sommes arrivés au bout d’une histoire et d’un système ». Mais l’intention ne suffira plus, tout le secteur attend des actes. Au bon tarif, cette fois-ci.

Source: 

Thomas Moysan

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