Maladie gynécologique chronique, « longtemps invisibilisée, voire banalisée », l’endométriose provoque des douleurs parfois invalidantes et altère fortement la qualité de vie et la fertilité, note le HCE. Il pointe « un enjeu majeur de santé publique mais également d’égalité ».
En France, l’endométriose touche près d’une femme sur dix en âge de procréer, soit 1,5 à 2,5 millions de femmes.
La stratégie nationale lancée en 2022 a marqué « une avancée importante dans la reconnaissance institutionnelle de cette pathologie, avec pour ambition de renforcer la recherche, d’améliorer l’offre de soins sur l’ensemble du territoire et de mieux former et informer », juge le HCE dans un communiqué.
Ainsi, 25 millions d’euros ont été mobilisés, via le plan d'investissement « France 2030 », pour la recherche sur la santé des femmes et des couples, avec un volet dédié à l’endométriose, et une expérimentation d'un test salivaire (Endotest) a été lancée, relève-t-il.
Douleur encore trop sous estimée
« Ces évolutions ne doivent toutefois pas masquer les difficultés persistantes : inégalités territoriales d’accès aux soins, insuffisance de formation des professionnels de la santé, errance diagnostique, insuffisante reconnaissance de la douleur et prise en compte trop limitée des conséquences scolaires, sociales et professionnelles de la maladie », écrit l'institution présidée par Bérangère Couillard.
Le HCE appelle à « renforcer l’information sur le suivi gynécologique, pour mieux aviser les femmes et les jeunes filles sur les signes d’alerte de l’endométriose, sur l’importance d’un suivi régulier et sur les recours possibles en cas de symptômes persistants ».
Car, ajoute-t-il, « un suivi gynécologique de proximité, accessible et régulier demeure l’un des leviers les plus efficaces pour identifier tôt des douleurs anormales, orienter les patientes vers des structures spécialisées et réduire les délais de diagnostic ».
Autre préconisation : sensibiliser à la santé menstruelle et gynécologique dès le collège et au lycée « pour permettre à toutes les jeunes filles de reconnaître ce qui relève d’un symptôme et non d’une fatalité ».
Le Haut conseil invite enfin à « accorder aux douleurs menstruelles ou pelviennes intenses, durables ou invalidantes, une écoute attentive, une évaluation approfondie et, si nécessaire, une orientation vers un parcours diagnostique adapté ».
Avec AFP
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