Prescription : ces outils qui réduisent la charge mentale des médecins

Pour gagner du temps et les accompagner dans leurs prescriptions, de plus en plus de médecins ont recours à des outils numériques. Avec à la clé : un gain de temps considérable, moins de risques d’erreurs médicamenteuses, une diminution des hospitalisations… et une charge mentale allégée. 

 

Témoignage d’un praticien hospitalier adepte de ces outils.

 

Bien prescrire, c’est chronophage. Il faut consulter de nombreux sites sur Internet, s’assurer que la source est fiable, que la recommandation est à jour… Pour vérifier les interactions ou contre-indications potentielles ou comparer les alternatives mieux tolérées, le médecin doit entrer un à un les médicaments dans le Vidal -  ce qui peut s’avérer particulièrement long avec des patients polypathologiques. Bref, « quand on pense, à 19h, que notre journée est finie et que l’on peut se reposer, eh bien non : il faut encore faire des recherches sur Internet », déplore le Dr Joris Galland, médecin interniste au CH de Bourg-en-Bresse.

C’est pour répondre à ce besoin d’obtenir rapidement une information fiable sans passer par plusieurs applications ou sites internet que les outils d’aide à la prescription ont vu le jour. Ces plateformes, déclinées en appli ou sur ordinateur, visent à sécuriser les prescriptions tout en allégeant la charge mentale du médecin. « Dans une spécialité très transversale comme la médecine interne, avec de plus en plus de patients fragiles, polymédiqués, avec de gros facteurs de risque de iatrogénie (insuffisance rénale, hépatique, allergie, dénutrition…), ces outils ont vraiment toute leur place », explique le Dr Galland, utilisateur régulier de la plateforme Posos.

 

La réponse en quelques secondes

Adopté en quelques mois par plus de 20 000 médecins après le lancement de son application, Posos bouleverse les codes de l'aide à la prescription., Son algorithme permet en quelques clics d'identifier sur une longue ordonnance l’origine d’un effet secondaire médicamenteux ainsi que les interactions et contre-indications  en fonction du terrain patient et de ses antécédents. Le praticien peut ensuite en quelques clics comparer les alternatives mieux tolérées et au livret thérapeutique de l’hôpital. L’application s’avère donc utile à la fois pour le diagnostic et la prescription.

« Dans notre service, nous recevons beaucoup de patients avec des symptômes très variés ; et il faut toujours penser à la cause médicamenteuse. Avec Posos, en quelques minutes, on accède à toutes les informations recherchées et on gagne beaucoup de temps. Il s’agit aussi de ne pas allonger la durée de séjour des patients pour cause iatrogénique. Nous avons un  service de 24 lits et il y a toujours 2 ou 3 patients hospitalisés à cause des effets indésirables d’un traitement… Posos permet de sécuriser les ordonnances en prenant en compte tous les paramètres du patient avant de lui prescrire un traitement. L’outil propose aussi une alternative en cas d’interaction ou d’allergie. »

 

Plus de 200 sources fiables et  à jour sur l’outil

Autre élément rassurant pour les utilisateurs : la mise à jour permanente et automatique des sources comme Thériaque, le CRAT, l’ASM ou les recommandations de la HAS et des sociétés savantes. « On peut le faire soi-même, mais là aussi, ça prend du temps, et il ne faut pas se tromper… Typiquement, la dernière fois que nous avons recherché les recommandations sur l’infection urinaire, nous sommes tombés sur celles de 2014 alors qu’il en existe des plus récentes, de 2017. Si nous ne l’avions pas su, nous aurions pu nous tromper - et cela augmente le risque de prescriptions inadaptées », poursuit le praticien hospitalier. 

L’application inclut également dans sa version pour l’hôpital la reconnaissance des ordonnances papier, ce qui évite au médecin d’avoir à les réécrire pour pouvoir les traiter informatiquement. « L’outil reconnaît les médicaments et les fait basculer dans le dossier médical informatisé de chaque patient ».

Dans un contexte de manque de temps et de charge mentale élevée des soignants, face à une masse d’informations qui augmente et évolue chaque jour, les outils d’aide à la prescription ont un rôle important à jouer. « Le temps hospitalier est très conséquent ; on a très peu de temps pour la formation et pour tenir toutes nos connaissances à jour », ajoute le Dr Galland, qui voit en Posos un outil potentiellement très efficace aux urgences : « le personnel a un boulot de dingue. Cette application permettrait de faire un tri plus pertinent des patients, mais aussi d’éviter des hospitalisations inutiles. »

Portrait de La rédac'

Vous aimerez aussi

Dans les allées de Santexpo 2022

Santexpo a ouvert ses portes ce matin, après deux années bien chahutées. Et nous pouvons déjà l’affirmer, cette édition sera un succès.

Episode 2. Face à la masse d’informations, les médecins perdent un temps précieux quand il s’agit d’aller vérifier une information. Les outils d’aide...

Fuites de données médicales

La Cnil a infligé une amende de 1,5 million d'euros à l'éditeur de logiciel Dedalus après une fuite massive de données, parfois sensibles, dans des...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.