Obligation d'installation des médecins : 8 Français sur 10 pour, et la FHF se tâte

8 Français sur 10 sont pour des mesures de coercition

Encore un sondage, commandé par la FHF, qui devrait faire froid dans le dos des médecins : une écrasante majorité de Français se prononce pour les obliger à exercer les premières années dans les déserts médicaux. 

Grand débat national oblige, la Fédération hospitalière de France (FHF) y est allée de son sondage auprès des Français sur l’avenir du système de santé. Il a été réalisé par Ipsos entre les 27 février et 1er mars derniers, et a pris en compte l’avis de 5809 sondés. « Dans le cadre du Grand débat, notre avis, celui de la FHF, n’avait de sens, que si  l’avis des Français était pris en compte », s’est expliqué Frédéric Valletoux, président de la FHF.

Premier enseignement de cette photographie de l’avis des Français : la santé compte pour eux, et l’hôpital public en premier lieu. Pour assurer l’égalité des chances à chaque individu, l’accès à de bons établissements de santé (84%) vient juste après l’accès à de bons établissements scolaires (88%). Mais pour les Français, si les établissements de santé semblent indispensables pour assurer une égalité des chances à chacun des citoyens, ils jugent aussi que l’hôpital va mal. Pour 9 Français sur 10 l’hôpital public est en danger. Et pour y remédier, 94% des Français sont d’accord pour accorder plus de moyens aux hôpitaux publics, tant en terme de budget que de ressources humaines. 

Réformes coercitives

Face à un état des lieux du sytème de santé plutôt morose, les sondés poussent leurs réformes. Et ça ne devrait pas faire plaisir aux médecins. Car 84% d’entre eux sont favorables à l’obligation d’imposer aux médecins, pendant leurs premières années, leur lieu d’exercice. Ils se prononcent aussi massivement pour l’obligation de consulter chez un médecin avant d’aller aux urgences.

Frédéric Valletoux, président de la FHF, qui dans la foulée a présenté ses 14 propositions dans le cadre du Grand Débat national, a donné son avis quant aux mesures coercitives. « Pour ma part, a notamment déclaré Frédéric Valletoux, je suis favorable à des mesures de régulation médicale plus forte. Mais je pense aussi que la profession médicale devrait se saisir de ce problème, avant qu’une énième proposition de loi sur des mesures coercitives soit un jour adoptée ».

Dans le cadre du Grand Débat national, parmi les 14 mesures que la FHF propose, la plus emblématique semble être l’instauration d’une conférence de consensus annuelle, pour « faire vivre la démocratie en santé en débattant régulièrement des grandes orientations ». Comme pour répondre à la demande des Français de fusionner ministère de la santé et assurance maladie, la FHF propose ni plus ni moins la création d’un organisme unifié, chargé du pilotage et de la mise en œuvre de la politique nationale de santé. Bien évidemment, la FHF propose aussi de relancer l’investissement, développer la qualité des soins et la pertinence des actes, revaloriser les carrières hospitalières… Mais la Fédération hospitalière ne retient pas parmi ses suggestions des mesures coercitives concernant l’installation des médecins. Pas encore…

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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