Messieurs les pharmaciens, piquez les premiers

Les jeunes médecins favorables à la vaccination en officine

Les jeunes médecins semblent moins hostiles que leurs aînés à la vaccination par les pharmaciens. La preuve par l’exemple, avec quelques témoignages glanés ce week-end lors de Cham, la conférence annuelle organisée par le Pr Guy Vallancien à Chamonix.

 

« Être obligé d’aller chez un médecin pour se faire vacciner, c’est un exemple de ce qui va tuer notre système de santé. » Nicolas Bouzou, économiste médiatique bien connu de nos lecteurs, aime déclencher des levées de boucliers. C’est ce qu’il a tenté de faire vendredi dernier devant le gratin de la santé, réuni aux pieds du Mont-Blanc pour la huitième édition de Cham. Mais sur ce coup-là, le trublion libéral n’a pas véritablement réussi à choquer… les jeunes médecins.

Certes, la profession reste majoritairement opposée à la vaccination par les pharmaciens. Le gouvernement est bien placé pour le savoir, lui qui prévoyait d’instaurer cette possibilité via la loi santé, et qui a dû reculer l’année dernière face à la pression des syndicats de libéraux. Mais quand nous avons demandé aux jeunes médecins présents à Chamonix de réagir aux propos de Nicolas Bouzou, c’était l’unanimité : oui à la délégation de tâches pour retrouver du temps médical !

C’est too much

Le Dr Cécile Monteil, médecin multi-casquettes et fondatrice du groupe Eppocrate, n’y va pas par quatre chemins. « Le rôle du généraliste aujourd’hui, c’est de faire de la thérapeutique, du social, de la prévention, du psychologique, de recevoir le patient pour lui prescrire le vaccin, de le revoir pour le vacciner, et c’est too much », s’exclame-t-elle. Le partage de tâche avec d'autres professionnelsfait d’après elle partie des solutions pour libérer le médecin et lui permettre de se consacrer sur l’essentiel.

Même son de cloche du côté de Rachel Onaisi, interne en médecine générale et vice-présidente de l’Isnar-IMG. « C’est une évolution qui est en train de se faire, il faut redistribuer les tâches pour gagner du temps médical », indique-t-elle. « Il ne faut pas que l’inter-professionnalité reste un mot abstrait, c’est une demande forte de la nouvelle génération. »

Comment qu’on fait ?

Alors, comment faire ? « Il faut se baser sur ce qui existe, voir en fonction du terrain », prescrit le Dr Jacques-Olivier Dauberton, généraliste champenois et ancien président du syndicat Reajgir. « Chez moi, par exemple, le pharmacien ne veut pas vacciner les gens, il n’a pas d’espace de confidentialité, il ne faut pas le forcer. » Le praticien précise qu’en revanche, toutes les infirmières libérales avec lesquelles il travaille sont partantes pour la vaccination.

En dehors de la vaccination, les jeunes médecins interrogés ne manquent pas d’idées pour imaginer des tâches qu’ils pourraient déléguer à d’autres professionnels. Surveillance des plaies, prises de constantes, coordination du parcours de soins, renouvellement de certaines ordonnances, consultations de prévention… Une seule solution, la délégation !

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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