Mauvaise gestion financière et failles disciplinaires : le gouvernement veut faire disparaître l'Ordre des médecins de Paris

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Le gouvernement a demandé à l'Ordre des médecins de se pencher sur une éventuelle dissolution du conseil départemental parisien (CDOM 75), épinglé pour sa gestion financière et l'exercice de son pouvoir disciplinaire dans un rapport de l'Inspection générale des finances.

Mauvaise gestion financière et failles disciplinaires : le gouvernement veut faire disparaître l'Ordre des médecins de Paris

© Midjourney x What's up Doc

 

Mise à jour du 31/03/2026, 18h57 : 

Le Conseil national de l'Ordre des médecins a dit dans un communiqué « prendre acte » de la saisine du procureur de la République et des déclarations de Stéphanie Rist. 

S'il « mesure pleinement la gravité des manquements relatés » dans le rapport de l'IGF, le CNOM a « déjà » engagé des « réponses circonstanciées », a-t-il insisté

« L'Ordre poursuit ce travail avec sérieux et transparence, en répondant point par point dans le cadre de la procédure engagée, et en se tenant à la disposition des autorités compétentes pour la suite des procédures à venir », a-t-il ajouté. 

Article du 31/03/2026, 13h58 : 

La ministre de la Santé Stéphanie Rist « a demandé » à l'Ordre national « de vérifier si les conditions pouvant conduire à la dissolution du Conseil départemental de l'Ordre des médecins de Paris (CDOM 75) sont remplies, et de proposer, le cas échéant, au directeur général de l'ARS Ile-de-France de se prononcer sur cette dissolution », indique un communiqué du ministère paru ce mardi. 

Le ministère précise par ailleurs que l'inspection générale des finances a procédé à un signalement au procureur de la République de Paris (article 40) concernant l'Ordre des médecins de Paris, mais également ceux des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes dans la capitale mis en cause pour les mêmes raisons.

La mission de l'inspection dans ces trois ordres en septembre et octobre 2025 a révélé « des irrégularités dans la gestion financière: indemnités et défraiements insuffisamment justifiés, dépenses élevées et insuffisamment contrôlées, faiblesse du pilotage territorial des ressources et du patrimoine, ainsi que des manquements aux règles de la commande publique », souligne le ministère.

Sanctions jugées insuffisantes

Cette mission a aussi pointé « des défaillances majeures dans l'exercice des missions disciplinaires », ajoute-t-il.

En effet, « des signalements et des condamnations pénales, y compris pour des faits d'une particulière gravité, n'ont pas fait l'objet de suites appropriées ou ont été traités avec des délais incompatibles avec les exigences de protection des patients et des praticiens. Dans certains cas, l'absence de réaction ou la faiblesse des sanctions prononcées traduisent une rupture avec les obligations fondamentales qui incombent aux ordres », a-t-il ajouté.

Par ailleurs « un plan d'action structurant est lancé » sous l'égide de l'Inspection générale des affaires sociales « afin de corriger rapidement les dysfonctionnements constatés et de refonder durablement le cadre d'intervention des ordres ».

« Des premières mesures concrètes sont attendues dès le mois de mai pour les ordres ayant fait l'objet d'une inspection, avec des résultats tangibles et vérifiables », entend le ministère.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/gestion-discipline-apres-le-rapport-accablant-de-ligf-lordre-des-medecins-promet-des

Dans un entretien avec l'AFP la semaine dernière, le président du CNOM Stéphane Oustric avait indiqué que celui-ci avait déjà déclenché une mission d'inspection interne du conseil départemental parisien, ainsi qu'un audit externe des relations humaines, un audit externe financier, et un renforcement du commissaire aux comptes.

Avec AFP

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