Loi de santé

Le mouvement de contestation de la loi santé a commencé fin de l'année 2014. Depuis, les syndicalistes s'agitent sur la scène nationale, mais qu'en est-il sur le terrain ? Les médecins répondent-ils toujours présents aux appels à la mobilisation ? Le point avec Jean Lafargue, président du syndicat UNOF pour la région Lorraine.

Une des actions de protestation est la grève des télétransmissions, qui a débuté en janvier, dès la fin des grèves de fin d'année. "Cette grève doit marquer le pas, c'est une guerre d'usure. Le chiffre de 10% pour janvier, donné deux moix après le début du mouvement par l'Assurance maladie, est crédible, et il a dû depuis s'atténuer." C'est pourquoi le syndicat enchaîne "les différentes formes d'action".

Après la manifestation du 15 mars, une "journée santé morte" a été décrétée par les syndicats demain 31 mars, jour de l'examen du projet de loi devant le Parlement. Un exemple d'action organisée à Nancy et Metz : "Pendant la matinée, il y aura un dépôt de gerbe devant l'ARS et son antenne dans ces deux villes. Puis l'après-midi, des tentes seront installées devant la préfecture. Nous proposerons des soins aux gens, des prises de tension", dans le but de sensibiliser les patients au mouvement. "Nous voulons leur expliquer les raisons d'être de cette protestation".

Une mobilisation qui faiblit ?

Mais la protestation est-elle générale parmi les médecins ? "Selon moi, le mouvement n'est pas assez suivi. L'histoire nous a appris que pour obtenir satisfaction il a fallu tenir, et notamment en 2009, attendre 9 mois." Or Jean Lafargue note que "les médecins se lassent vite", et regrette : "ils ont tort, c'est leur avenir qui est en jeu".

Mais Jean nous parle ici des plus anciens. Qu'en est-il de la mobilisation des jeunes médecins ? "Ils ont toujours été très attentifs aux conditions de leur installation. Mais pas assez sur le métier lui-même", selon lui. Il nous parle notamment de l'Exercice en pratique avancée sur les professions paramédicales. Selon la description du ministère de la santé au Salon Infirmier 2014, c'est une "délégation de compétence", par exemple d'autoriser la prescription pour les infirmiers et infirmières. "Pour moi, c'est ce qu'il y a de plus dangereux pour les médecins généralistes : c'est la sécurité des soins qui est en jeu".

Quant à la revalorisation du C pour les généralistes et l'appel de certains syndicats à appliquer un tarif de 25 euros, "cela ne peut-être suivi dans les faits que si c'est organisé. Car il y aura de toute façon un pourcentage non négligeable de praticiens qui ne le feront pas, par peur de la réaction des patients notamment."

Mais même si demain les médecins "ne manifestent pas par des fermetures massives", Jean Lafargue ne désespère pas : "le rejet et la colère vis-àvis de cette loi sont toujours aussi forts, nous continuons le combat".

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