Les urgences de Mondor lancent une grève illimitée

CHU Mondor
CHU Mondor

Les infirmiers et aides-soignants entendent protester contre le manque de personnel et la saturation des urgences au sein du CHU de Créteil (Seine-et-Marne).
 

Décidément, rien ne va plus aux urgences de l’AP-HP... Dans un contexte marqué par l’accident de Lariboisière, le personnel des urgences du CHU de Mondor (Créteil) a lancé une grève illimitée, à compter du mardi 15 janvier à minuit. Les revendications : plus de moyens humains et matériels, alors que le service fait face à un afflux croissant. Depuis 2012, l’activité a augmenté de près de 23 % !

« Nous avons décidé ça suite aux vacances de Noël, qui se sont très mal passées », explique David Jacquelin, aide-soignant et représentant du syndicat Sud-Santé à Mondor. La surcharge traditionnelle des fêtes a été d’autant plus mal vécue que la pénurie de personnel est structurelle.

« À nombre de passages égal dans l’année, l’hôpital est sous-doté par rapport à d’autres structures comme Cochin ou Saint-Joseph », indique-t-il. Qu’on en juge : les urgences de Mondor tournent avec 48 infirmiers et 35 aides-soignants, contre 57 infirmiers et 45 aides-soignants pour l’hôpital Cochin, au centre de Paris.

Le CHU de Créteil souffre aussi du vieillissement de sa population. « Les patients sont de plus en plus vieux et ont besoin d’être hospitalisés », précise le syndicaliste. En l’absence de lits d’aval disponible, ces patients âgés restent souvent 24 heure aux urgences, au lieu des quelques heures nécessaires à leur prise en charge.

Des médecins hésitants

Et les médecins dans tout cela ? « Pour l’instant, ils hésitent encore, ils discutent », indique David Jacquelin, qui évoque des pressions de la part de la direction. « On leur a dit que s’ils se mettaient en grève, ils ne seraient pas tous réquisitionnés, et ils ont peur de mettre les patients en danger. » (Cette information n’a pas encore pu être recoupée. Contacté au téléphone, Christophe Prudhomme, président de l’Association des médecins urgentiste de France, la juge à tout le moins plausible.)

Suite au préavis de grève, la direction a accepté de recruter du personnel (8 infirmiers et 2 aides-soignants) et s’est engagée à remplacer les absences longues. Des mesures jugées insuffisantes par Sud-Santé, qui a maintenu le mouvement. Les autres syndicats paramédicaux, CGT et CFDT, ont également déposé des préavis de grève et devraient bientôt entrer dans la danse.

Portrait de Yvan Pandelé

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