Les médecins généralistes, privés de leurs doses au bénéfice des pharmaciens

Déshabiller Paul pour habiller Pierre, la nouvelle stratégie vaccinale du gouvernement ? Ce dimanche, une note de la DGS a annoncé que les généralistes ne pourront pas commander de nouvelles doses pour la semaine prochaine. Une directive pensée pour que les pharmaciens, qui doivent débuter la vaccination, puissent en avoir.

300 000. C’est le nombre de personnes qui ont été vaccinées ce week-end. Une opération coup de poing (ou coup de com’ ?) orchestrée sur une grande partie du territoire accompagnée dès le dimanche soir d’une mauvaise nouvelle. Alors que les pharmaciens s’apprêtent à vacciner à tour de bras à partir du 15 mars prochain, les médecins généralistes, eux, sont privés de leurs doses pendant une semaine. 

« Pour la semaine du 8 mars, la commande ne sera ouverte que pour les besoins propres des officines, il ne sera pas possible de prendre des commandes pour les médecins compte tenu du nombre de doses livrées par AstraZeneca (environ 28 000 flacons disponibles à la commande) », a annoncé la Direction Générale de Santé dans une note urgente envoyée à tous les professionnels.

Une information qui a été fraichement accueillie du côté des médecins généralistes mobilisés depuis le 25 février dernier. « Quand je lis ça je regrette d’avoir répondu présent pour l’opération « coup de poing » de ce week-end, qui n’est au final qu’une opération « coup de com’ » ; « Quel chaos. La Direction Générale de la Santé annonce aux médecins qu’aucune commande de vaccin ne sera possible la semaine prochaine. Alors que dans tous nos cabinets, nous avons préparé la liste des personnes à vacciner et prévu les RV. Le mépris gouvernemental en action », « Note DGS hier: la livraison des vaccins aux généralistes est bloquée 1 semaine pour livrer les pharmaciens. La vaccination par le MG se rodait. N'y a t il pas un risque de la désorganiser ? Une vraie stratégie ne serait-elle pas préférable à une gestion à la petite semaine ? » ; peut-on lire pèle-mêle sur les réseaux sociaux.

« Nous avons toujours reconnu qu’il était nécessaire d’augmenter le nombre de vaccinateurs dès lors qu’on aurait les doses. Aujourd’hui, nous avons un problème d’approvisionnement et c’est le contraire qui se passe ! », commente, de son côté, le Dr Jacques Battistoni, président du syndicat MG France.

Cette « incompréhension » se mêle à une inquiétude à court terme : celle de ne pas être en mesure d’honorer les rendez-vous pris la semaine du 15 mars. « Si on ne leur donne pas les doses de vaccins, ils vont être contraints d’annuler les rendez-vous », souligne Jacques Battistoni, en rappelant qu’un nouvel élargissement de la population éligible au vaccin AstraZeneca a été autorisé la semaine dernière. « C’est embarrassant, en plus d’être une perte de temps ».

Face à la grogne, Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, a de nouveau envoyé une note ce lundi 8 mars. Au programme ? Du DGSplaining. Comprendre, une reformulation chiffrée des propos déjà communiqués ce dimanche soir. « Les médecins ont commandé 1,6 millions de doses du vaccin AstraZeneca et ces commandes seront intégralement honorées », écrit Jérôme Salomon. Et de poursuivre : « Sous réserve du respect du volume et du calendrier d’approvisionnement par le laboratoire, les commandes seront à nouveau ouvertes à l’ensemble des professionnels de santé susceptibles de vacciner en ville le lundi 15 mars, pour une livraison la semaine suivante ». 

Une nouvelle sortie qui est bien loin de régler le problème de fond : l'annulation plus que potentielle des rendez-vous organisés la semaine prochaine.  

Portrait de Julia Neuville

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