Les Antilles au pas militaire, avec le Dr Valérie Denux

Le médecin des Armées à la tête de l’ARS

Dans un climat un peu tendu à la suite de l’incendie du CHU de Pointe-à-Pitre, le directeur de l’ARS Guadeloupe Saint-Barthélémy et Saint-Martin a été débarqué, au profit de Valérie Denux, médecin du Service de santé des armées. 

Le Dr Valérie Denux va poser son barda aux Antilles. Médecin militaire, diplômée de médecine tropicale et de catastrophe, elle a été nommée à la direction de l’Agence régionale de santé (ARS) Guadeloupe, Saint-Bathélémy et Saint-Martin. Elle prendra son poste le 15 mars prochain.

Le ministère de la Santé tenterait-il de remettre un peu d’ordre et de discipline dans la région, secouée notamment par les ouragans de l’automne, et par l’incendie du CHU de Pointe-à-Pitre ? Le Dr Denux débarque dans tous les cas avec quelques dossiers chauds sur son bureau.

Le CHU toujours au ralenti

En priorité, elle devra gérer les suites de l’incident qui a paralysé l’hôpital guadeloupéen le 28 novembre dernier. Raisons invoquées : la vétusté des locaux dans un premier temps, et le facteur humain plus récemment (un mégot de cigarette). Si aucune victime n’est à déplorer, l’établissement est toujours en convalescence, et des polémiques pointent le bout de leur nez.

Plusieurs services ont pu réintégrer les locaux, suivant une décision prise par la direction du CHU, en accord avec les recommandations de la Direction générale de la Santé (DGS). Mais début mars, lors d’une visite, la ministre des Outre-mer a critiqué la décision, et en a suspendu une partie.

Les médecins malades

Pendant le nettoyage et les travaux, certains services ont été délocalisés en interne, mais dans des conditions que critique le personnel soignant. « Cinq confrères sont en arrêt de travail », a ainsi souligné auprès de l’AFP le Dr Mona Hedreville, médecin au CHU, qui a pris la tête d’un collectif de défense des salariés.

Elle fait référence à plusieurs malaises chez les travailleurs hospitaliers, dont l’origine pourrait être liée aux suites de l’incendie. L’un des médecins concernés a présenté des « troubles neurologiques avec un taux élevé de monoxyde de carbone », précise le cardiologue. Elle pointe une gestion calamiteuse de la crise. 

Garde-à-vous

En plus des habituelles questions de budget, d’accès aux soins, de gestion des épidémies, le Dr Denux devra donc partir sur le front du CHU de Pointe-à-Pitre. Hôpital à rénover et médecins qui tombent malade et qui s’en plaignent : déjà un gros programme. Mais le médecin militaire n’est pas une bleue. « Issue du corps des praticiens des armées, elle est rompue aux situations de crise complexes, à la prévention et à l’organisation de l’offre de soins », complimente le ministère de la Santé dans un communiqué paru mercredi.

Elle exerce depuis trois ans au secrétariat général des ministère sociaux, avec pour mission le « rapprochement entre le service de santé des armées et les acteurs de santé, la veille et la sécurité sanitaire pour les agences régionales de santé et enfin la conduite de politiques publiques telle que la prévention de la radicalisation ».

Patrice Richard, qu’elle remplace, va faire le voyage inverse. Il commencera par un poste de chargé de mission au secrétariat général des ministères chargés des affaires sociales, avant de rejoindre un nouveau poste en cours de discussion, rapporte l'APMnews.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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