Le Conseil de l’Ordre radiographie les confrères étrangers

Le médecin étranger est un médecin comme un autre

Le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) a présenté hier ses statistiques annuelles sur la démographie médicale, avec un focus sur les confrères étrangers. Surprise : eux non plus n’ont pas de penchant particulier pour les déserts médicaux !

Les médecins sont de moins en moins nombreux là où la population est de plus en plus vieille et malade. C’est, année après année, le triste constat dressé par l’Atlas démographique du Cnom. L’édition 2017, présentée hier au nouveau siège de la vénérable institution, ne fait pas exception. S’il ne fallait citer qu’un chiffre, ce serait celui-ci : dans près de la moitié des départements français, le nombre de médecins baisse alors que la population augmente.

Mais dans leur radiographie annuelle de la profession, les ordinaux ont eu la bonne idée de rompre la monotonie des statistiques désespérantes en zoomant sur la situation des médecins à diplôme étranger. Si les constats qu’ils tirent n’ont rien de réjouissant, ils ont le mérite d’être moins rabâchés que les éternelles complaintes sur les déserts médicaux.

26 000 médecins étrangers… et moi, et moi, et moi

On apprend ainsi que les médecins à diplôme étranger sont en 2017 plus de 26 000 à être inscrits à l’Ordre, ce qui constitue un quasi doublement par rapport à 2007. En tout, 11,5 % des praticiens qui exercent une activité régulière n’ont pas obtenu leur diplôme dans une fac française. Deux pays d’origine représentent à eux seuls près de 40 % des effectifs : l’Algérie et la Roumanie.

Le problème, c’est que la carte des zones déficitaires des ARS et celle des installations de médecins étrangers du Cnom ne se superposent pas du tout. « Ils ne viennent pas s’installer dans les zones déficitaires et aggravent même les disparités », remarquait hier matin en présentant l’étude le Dr François Arnault, délégué général aux relations internes du Cnom. Celui-ci s’empressait bien sûr de préciser que ce n’est pas de leur faute et qu’ils ont bien raison de s’installer où ils veulent.

Bref : aussi étrange que cela puisse paraître, les médecins étrangers non plus ne rêvent pas d’exercer seul dans un village perdu à des dizaines de kilomètres de la première salle de ciné ou de la première crèche. Il faudra donc trouver une autre solution pour repeupler les déserts.

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Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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