Invasion de généralistes modèles

Trois cabinets parisiens conventionnés secteur 1, bientôt quatre, une vingtaine à l’horizon 2024, Ipso santé ambitionne de gagner les lettres de noblesse de la médecine générale et de devenir un interlocuteur de poids pour faire avancer le système.

De vrais-faux airs de maison de santé pluriprofessionnelle. 17 médecins associés dans 3 cabinets (3e, 11e et 19e arr.) et bientôt 5 autres dans le 13e, 4 infirmiers et 4 sages femmes pour une file active en croissance de plus de 28000 patients (1000 en médecin traitant déclaré), le réseau de cabinets Ipso, prend en charge des besoins de santé quotidiens (médecine générale, suivi pédiatrique, suivi gynécologique, suivi de grossesse, urgences quotidiennes…), sur des horaires étendus (7h30-22h30 en semaine, 9h-19h les samedis), en téléconsultation et en VAD. 

Lucrativité limitée et créativité illimitée
Le premier des cabinets a ouvert en 2015 : « A l’origine, explique Marie Benque, médecin généraliste associée, nous nous sommes interrogés sur les freins à l’installation : l’isolement, les tâches non médicales, le sens de l’exercice de notre spécialité. » Est née l’envie de créer des lieux d’exercice souples et novateurs, pour se concentrer sur son cœur de métier. Coopérative de sociétés et de professionnel(le)s de santé, regroupé(e)s en Groupement d’Intérêt Economique (GIE), Ipso santé a intégré également dans ses équipes des administratifs (coordinateurs et assistants médicaux), des développeurs informatiques, des ingénieurs, pour coordonner ou développer en interne les systèmes d’information, destinés à alléger les médecins des corvées burocratico-informatiques : « nous sommes plus efficients, nos temps de consultation sont de 15 à 20 minutes mais non pollués, les patients nous renvoient souvent leur sentiment d’être écoutés et considérés ». A mesure que les équipes s’étoffent, que le réseau grandit, la communication est un véritable enjeu : « Nous fonctionnons en staffs à l’organisation assez poussée. Nos profils différents stimulent la créativité et la remise en question. La Recherche et la formation des jeunes praticiens est une évidence, notamment pour faire évoluer le regard sur la médecine générale et montrer un autre mode d’exercice plus collaboratif, avec partage des connaissances et un dialogue plus égalitaire entre le médecin et le patient.»

Revaloriser l’exercice de la MG et devenir un interlocuteur de poids
Chaque semaine ou quasiment, est mise en production une nouvelle version des SI pour améliorer les outils facilitants de transmission, s’adapter et tester de nouvelles modalités de travail collaboratif … et l’exercice de demain. « Nous sommes dans une habitude de transformation inhérente à notre organisation », commente Marie Benque qui cite l'expérimentation quinquennale « programme Médecin Traitant Renforcé », rendue possible par l’article 51 de la LFSS 2018. Pendant cette période, les équipes d'Ipso santé testent la rémunération au forfait pour les prises en charge complexes et chronophages, développent des programmes de prévention et de dépistage, accompagnent ou prescrivent des prises en charge non remboursées actuellement : accompagnement social des plus vulnérables par une coordinatrice sociale, accompagnement psychologique, prescription de sport adapté… Bref : du beau boulot !
 

Portrait de Isabelle Guardiola

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