Incendie au CHU de Guadeloupe : la vétusté hors de cause ?

Son DG se confie à What’s up Doc

Après l’incendie survenu mardi dernier, le CHU de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) se remet peu à peu. Un hôpital de campagne a été déployé pour gérer les urgences médicales. Mais le plus gros reste à faire, selon Pierre Thépot, DG du CHU, qui indique qu'« a priori, ce n’est pas la vétusté qui est en cause. »

« Il faut que les Guadeloupéens gardent confiance dans leur CHU », confie à What’s up Doc Pierre Thépot, directeur général du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Pointe-à-pitre (Guadeloupe). « La situation reste difficile », explique-t-il, bien qu’il se réjouit de la mise en place de l’ESCRIM (Élément de Sécurité Civile Rapide d’Intervention Médicale), l’hôpital de campagne projetable de la Sécurité Civile française. « On est devant une situation qui nous oblige à repenser tous les parcours », admet toutefois Pierre Thépot.

Installé sur le parking du CHU, l’hôpital mobile a déjà accueilli une vingtaine de patients depuis son ouverture hier soir. Cantonné à la gestion des urgences médicales - les urgences lourdes étant traitées par la clinique des Eaux-claires située à 10 km plus à l’Ouest - il accuse encore un manque de personnel médical. « Nos équipes sont éclatées dans les cliniques alentours. Des médecins sont partis à Fort-de-France (Martinique). On a également des pédiatres et des radiologues à Basse-Terre (Guadeloupe) », raconte le DG, qui a fait appel à l’EPRUS pour demander un renfort.

À cause de l’amiante, il faudra du temps pour réhabiliter le bloc opératoire

« Cette nuit, on a vu arriver aux Urgences de l’ESCRIM des patients touchés par balles (…) Les bagarres sont fréquentes ici ». Les difficultés énumérées par le directeur sont légion, entre le besoin « de médecins urgentistes et régulateurs » pour assurer les services du SAMU, et la nécessité de « faire venir un bloc opératoire complet. Le feu a touché le plateau technique et la chaleur était encore très forte 24 heures après ! » À cause de la présence d’amiante, il faudra du temps pour réhabiliter le bloc.

« C’est un défi logistique, de communication et de coordination », observe Pierre Thépot, ancien directeur du centre hospitalier de Moulins-Yzeure (Allier), nommé en mai dernier à Pointe-à-Pitre. Il tient à remercier les médecins, « complètement engagés », et se félicite du travail coordonné avec l’Agence Régionale de Santé (ARS) de l’île, renforcé depuis les dernières épreuves, notamment « le passage des derniers ouragans, Irma et Maria. »

« A priori, ce n’est pas la vétusté qui est en cause »

« Hier, le préfet est même intervenu parce qu’on avait besoin de climatiseurs, qui arrivent de Saint-Martin », s’enchante le DG, pour qui le passage de la ministre de la Santé ce week-end a été un accélérateur. Agès Buzyn « a été très proche des équipes ». Elle et son cabinet « ont pris vraiment la mesure des enjeux ». Pour Pierre Thépot, qui ignore encore le montant de l’aide financière promise par l’État, il s’agit d’un dossier interministériel. « La saison touristique démarre (…) si le CHU ne retrouve pas ses capacités, ça aura un impact sur le tourisme et l’économie de l’île », prévient le patron de l’hôpital.

Interrogé par What’s up Doc sur la question de la vétusté des locaux hospitaliers, Pierre Thépot insiste sur le caractère encore « inconnu » de l’incendie. Alors qu’un deuxième « incident électrique » s’est déclaré dimanche - selon un communiqué de l’ARS - la direction du CHU a porté plainte contre X afin de lancer une enquête, aujourd’hui en cours. Malgré les propos d’Ary Chalus, président de la région Guadeloupe qui déclarait la semaine dernière après l’incendie : « c’est vrai que cet hôpital est vétuste », pour Pierre Thépot « a priori, ce n’est pas la vétusté qui est en cause. » Selon lui, le contrôle technique des lieux était à jour et n’indiquait rien à signaler avant l’incendie. Circulez, il n’y a rien à voir ?

Crédits photo : CHU de Guadeloupe
Source: 

Thomas Moysan

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