Hôpital : attirer les médecins avec de l’argent

En pleine concertation avec la DGOS sur l’évolution de l’exercice hospitalier, les syndicats demandent une pause et l’ouverture de négociations sur les salaires des praticiens.

Engagés depuis le 3 avril dans une concertation avec la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), les syndicats hospitaliers ne sont pas satisfaits et demandent un temps mort. Elle est « dans une impasse, engluée dans des thèmes certes importants mais secondaires par rapport à l’ampleur des problèmes actuels », expliquent Action praticiens hôpital (APH) et Jeunes médecins dans un communiqué publié le 16 mai. Ils exigent « l’ouverture de négociations salariales ».
 
La revalorisation demandée concerne les carrières médicales, odontologiques et pharmaceutiques. L’objectif : ramener les praticiens à l’hôpital, où le nombre de postes vacants est indécent (près de 30 %). « Les établissements sont contraints de contourner les règles de droit statutaire en attribuant des compléments de rémunération sans base légale », soulignent les syndicats. « De plus en plus de praticiens font le choix d’abandonner le statut de praticien hospitalier afin d’obtenir de meilleures conditions de travail et des salaires plus attractifs, le plus souvent dans le secteur privé » ou en intérim.
 
Agnès Buzyn l’a assuré : elle n’oublie pas les hospitaliers dans sa réforme du système de santé. Parmi les promesses, l’extension du financement à la qualité au détriment de la T2A, la transformation des hôpitaux de proximité, la création d’un statut unique de praticien hospitalier, l’augmentation du pouvoir de la CME dans la gouvernance, ou encore la mise en place d’un intéressement collectif et des compétences en management des responsables médicaux.
 
Des mesures importantes, donc, pour APH et JM, destinées à améliorer les conditions d’exercice à l’hôpital. Mais elles ne feront pas le poids face à une bonne revalorisation salariale « immédiate et massive ».

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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