Grève du Samu 93 : il suffisait de demander bruyamment

L’ARS d’Île-de-France a débloqué 2,4 millions d’euros
L’ARS d’Île-de-France a débloqué 2,4 millions d’euros

Les agents du Samu 93 n’ont pas eu longtemps à attendre. En guise de cadeau de Noël, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France a annoncé le déblocage de 300 000 euros pour chaque Samu francilien.
 

Le jour même du début de sa grève, le Samu 93 en a annoncé la fin. Les assistants de régulation médicale (ARM) de Seine-Saint-Denis avaient débuté une grève illimitée dans la nuit du 23 au 24 décembre, pour demander des postes supplémentaires.
 
La grève n’aura donc pas duré longtemps. Les ARM ont à peine eu le temps de faire semblant de ne pas travailler et de sortir les banderoles que le 24 décembre, l’ARS d’Île-de-France a annoncé le versement de 300 000 euros pour chaque Samu de sa région, soit une enveloppe globale de 2,4 millions d’euros issue de ses fonds propres.
 
« Un protocole d’accord vient d’être signé sur les propositions faites par la direction de l’AP-HP dans le cadre d’un financement complémentaire accordé par l’ARS », a signalé l’AP-HP dans un communiqué. « La grève est levée ce lundi 24 décembre ».
 
Plus de moyens humains
 
Les travailleurs du Samu demandaient notamment des effectifs de régulation supplémentaires : 10 postes d’agents de régulation pour la Seine-Saint-Denis. « Nous avons 42 postes pour assurer les décrochés téléphoniques 24h/24 et 365 jours par an », rappelait Christophe Prudhomme, porte-parole de l’association des médecins urgentistes de France (Amuf), à l’APM. Un nombre insuffisant pour assurer le job, même en heures creuses. « Vendredi, entre 10 et 11 heures, c’est-à-dire à un moment d’activité faible, le taux d’appels décrochés dans la minute était seulement de 8 % ».
 
Les ARM étaient soutenus par les médecins urgentistes, ainsi que par les chefs de services des Samu franciliens qui avaient, de leur côté, interpellé le directeur général de l’ARS.
 
Des postes, et des titulaires
 
Le Samu 93 a donc obtenu la création de 6,3 postes grâce à l’enveloppe de l’ARS, auxquels s’ajouteront 4 autres « pour remplacer les absences dues notamment à des congés maladie de longue durée », a précisé Christophe Prudhomme. L’AP-HP a également annoncé un renfort de 3 postes de remplacement pour la période hivernale.
 
L’AP-HP s’est sentie pousser des ailes. Elle semble prête à titulariser les contractuels : 35 postes d’assistants de régulation devraient être pérennisés via un concours, en 2019. Elle a même annoncé qu’elle « continuera également à veiller à mettre à disposition du matériel et des locaux modernes et adaptés (fauteuils ergonomiques) ». S’il y a les fauteuils ergonomiques alors, que demander le peuple ?
 
Après le 93, c’est maintenant au tour des autres Samu de la région de négocier l’utilisation de leur enveloppe.

Et Joyeux Noël !
 

Portrait de Jonathan Herchkovitch

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