Grève des urgences : les soignants arrêtés car... éreintés

Suite aux déclarations d’Agnès Buzyn à propos de la surcharge de travail liée à la multiplication des arrêts aux urgences, le collectif inter-urgences rappelle que l’épuisement professionnel gagne les soignants. Et tacle la ministre.

« Après deux mois de grève, sans aucune réponse du gouvernement, les soignant.e.s sont à bout », confesse le collectif inter-urgences dans un communiqué daté du 4 juin.
 
C’est la raison pour laquelle le collectif, qui structure le mouvement de grève des urgences à l'échelle nationale, n’a pas été surpris d’assister aux événements qui se sont déroulés dans la nuit de lundi à mardi, à l'hôpital Lariboisière.
 
La totalité des infirmiers et la moitié des aides-soignants des urgences de Lariboisière ont en effet été arrêtés pour des raisons de santé, précise le collectif inter-urgences qui est revenu sur l’intervention d’Agnès Buzyn sur France Inter mardi matin :
 
« Ça, je pense que c'est dévoyer ce qu'est un arrêt maladie », a tancé la ministre de la Santé à propos des arrêts à Lariboisière. « Ça accroît, ça entraîne une surcharge de travail pour les autres, pour les pompiers»
 

Les arrêts entraînent une surcharge de travail ?

 
Et Agnès Buzyn d'ajouter : « Nous l'avons vu à Lons-le-Saunier, ce sont les ambulanciers, ce sont les pompiers, ce sont les médecins libéraux qui ont pris en charge tous les patients et donc, en réalité, en faisant cela, on accroît la fatigue des autres »
 
Pour le collectif inter-urgences, Agnès Buzyn déplore l’attitude des soignants de l’hôpital Lariboisière, dont le comportement occasionnerait une surcharge de travail pour les hôpitaux de proximité. Mais la vérité est ailleurs, selon le collectif qui remet les pendules à l’heure : « La surcharge de travail est permanente et reste le fruit de notre politique de santé. »
 

80 services en grève

 
Le communiqué rappelle également que la ministre s’est exprimée trois fois sur la grève des urgences depuis le début du conflit. La première fois, elle avait évoqué le mouvement social comme étant un « problème d’organisation locale ». Sauf que, désormais, 80 services sont en grève… Ce qui commence à faire un sacré gros problème d’organisation locale !
 
Elle a ensuite évoqué « un problème d’urgentiste », une « tension », de « la fatigue », tandis que « la mobilisation est paramédicale et que le collectif dénonce des morts sur des brancards », tranche le communiqué.
 
Enfin, le collectif espère que la ministre sortira de son silence à l’occasion du Congrès Urgences 2019, qui se déroulera ce jeudi 6 juin. Selon lui, « le symbole est fort », car « si ce sont les paramédicaux qui exposent les problèmes, c’est aux médecins qu’elle s’adresserait pour proposer ses solutions. » (Sic)
 

Manifestation nationale le 6 juin

 
Ce serait donc le moment idéal pour Agnès Buzyn de s’exprimer, suggère le collectif, car, le 6 juin, ce sera aussi le jour de la manifestation nationale des urgences. Et de rappeler que le comité de grève a déposé une demande de délégation auprès du ministère pour débuter des négociations.
 
Avant de donner rendez-vous aux manifestants ce jeudi à 13 heures à Montparnasse, avant la marche en direction du ministère de la Santé.
 
 
 

Portrait de Julien Moschetti

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