Greffes rénales : un « quadruplet » de dons croisés réalisé pour la première fois en France

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Pour la première fois en France et en Suisse, quatre paires donneur-receveur ont été opérées de manière coordonnée dans le cadre d’un don croisé de reins avec donneurs vivants impliquant plusieurs CHU. 

Greffes rénales : un « quadruplet » de dons croisés réalisé pour la première fois en France

© ChatGPT x What's up Doc

Ce « quadruplet », piloté par l'Agence de la biomédecine, a mobilisé les CHU de Montpellier, Reims, Toulouse et les Hôpitaux universitaires de Genève, ont indiqué les structures dans un communiqué commun du 26 mai. 

Ce dispositif a permis d'enchaîner huit interventions interdépendantes dans un délai maximal de 24 heures, conformément au cadre légal. 

Après un premier « triplet » en 2024, cette nouvelle opération marque, selon les établissements, « un tournant dans le développement de la greffe rénale avec donneur vivant en France et en collaboration internationale »

Contourner l’incompatibilité

Le don croisé s’adresse à des couples donneur-receveur dans lesquels le donneur vivant souhaite donner un rein à un proche, mais ne peut le faire en raison d’une incompatibilité sanguine ou immunologique. Le principe consiste alors à « apparier plusieurs paires incompatibles entre elles, mais compatibles de façon croisée et anonyme avec une autre paire »

La loi de bioéthique du 2 août 2021 a élargi ce dispositif en portant de deux à six le nombre de paires donneur-receveur autorisées dans un don croisé, rappelle le communiqué. 

Cette évolution vise à augmenter les chances d’appariement pour les patients atteints d’insuffisance rénale chronique terminale. 

Chaque mois, l’Agence de la biomédecine identifie les appariements possibles à partir des paires inscrites dans le programme et mesure ensuite les compatibilités, via des algorithmes.

Elle coordonne également les échanges de données médicales anonymisées, la synchronisation des interventions entre établissement et le transport des greffons. 

Une coopération franco-suisse

Le partenariat avec la Suisse doit permettre d’élargir le vivier de paires donneur-receveur et donc d’augmenter les possibilités d’appariement, les Hôpitaux universitaires de Genève participant déjà au programme suisse de greffe croisée.

Les établissements français impliqués mettent aussi en avant leur engagement dans la greffe rénale à partir de donneurs vivants. Le CHU de Reims, déjà associé au premier « triplet » français en 2024, est présenté comme particulièrement actif dans le programme de don croisé. 

Le CHU de Toulouse, « premier centre de transplantation rénale en France depuis trois ans », indique que 30 % de ses transplantations rénales sont réalisées à partir de donneurs vivants. 

La greffe rénale à partir de donneur vivant présente plusieurs avantages, rappelle l’ABM. Parmi lesquels, une meilleure préparation du receveur, un greffon de meilleure qualité grâce notamment à un temps d’ischémie froide plus court, ainsi qu’une meilleure survie du greffon à dix ans (estimée à 76 %, contre 61 % pour les greffons issus de donneurs décédés).

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/video/la-consult-de-michel-tsimaratos-la-greffe-avec-donneur-vivant-cest-la-meilleure-facon

En outre, les complications postopératoires graves chez les donneurs sont décrites comme rares, entre moins de 1 % et 3 % des cas.

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