Fin de vie : les syndicats de médecins appellent à la prudence et refusent toute contrainte dans l’aide à mourir

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Les syndicats de médecins font à nouveau part de leurs inquiétudes, tantôt sur la responsabilité médicale, tantôt sur le financement des soins palliatifs, alors que les députés ont approuvé une nouvelle fois, hier, la création d’une aide à mourir. 

Fin de vie : les syndicats de médecins appellent à la prudence et refusent toute contrainte dans l’aide à mourir

© Midjourney x What's up Doc

 

Sur la fin de vie, « chaque cas est spécifique de même que chaque situation est particulière », écrit MG France dans un communiqué paru hier, avant le vote du texte ouvrant la voie à une aide à mourir. 

Le syndicat a appelé à la prudence dans l’examen des textes, estimant que légiférer sur des décisions médicales « dérogatoires » doit se faire sans « mettre en danger » les médecins.

MG France précise que sa  mission n’est pas  « de prendre parti » sur ce débat de société, mais de « protéger le médecin généraliste et les patients qu’il prend en charge », dans le respect « de la décision »  de ces derniers.

MG France estime que la priorité est d’offrir à tous les patients des soins palliatifs « attentifs et accessibles », rappelant que ceux-ci sont « loin d’être » disponibles sur l’ensemble du territoire.

Au-delà, le syndicat dit s’opposer à « toute rédaction qui menacerait les médecins généralistes d’un “délit d’entrave” ou qui interdirait de fait au professionnel qui le souhaiterait de revendiquer une « “clause de conscience” ».

Risque d'une réponse à la souffrance par défaut

Dans un texte distinct, le Dr Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML-S), a, lui, dénoncé une approche qu’il juge essentiellement budgétaire.

Le médecin, qui dit suivre des patients en soins palliatifs, critique le niveau de financement envisagé : 1,1 milliard d’euros sur dix ans alors qu’il « qu’il faudrait 10 milliards pour une offre égalitaire et de qualité sur tout le territoire ».

Face à ce sous-financement, il redoute que l’aide à mourir devienne une réponse par défaut et que l'on trouve « toujours de bonnes raisons pour justifier l’intérêt au départ »

« Le départ de papi : de l’économie, le départ de mamie : de l’économie “La vieillesse est une dégradation » : partez dont ! La maladie est incurable … pourquoi attendre ? Et demain… le handicap, le dépressif ou le mélancolique...qui d’autres encore ? », interroge Jérôme Marty. 

Dans la même logique, il met également en garde contre un possible désengagement de la recherche ou de traitements coûteux : « Pourquoi financer le soin de l’incurable alors que l’on peut lui proposer de partir ? », interroge-t-il.

Tout en reconnaissant « la nécessité de légiférer » en matière d’euthanasie pour certains cas, le président de l’UFML-S appelle au développement massif des soins et équipes de soins palliatifs, afin de garantir aux patients « un accompagnement digne et humain ».

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/je-vous-demande-de-me-donner-le-choix-de-mourir-quand-je-le-deciderai-la-lettre-ouverte-aux

L'Assemblée nationale a de nouveau approuvé hier, en deuxième lecture, la création d'un droit à l'aide à mourir, avec une subtilité : laisser au patient le libre choix de l'auto-administration de la substance ou de l'administration par un tiers.

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