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"Pendant le Covid, on nous disait qu'on jouait un rôle pivot" dans les soins en permettant le maintien à domicile, rappelle Alexandra Veyret, co-présidente du collectif des "Infirmiers libéraux en colère" qui organise la manifestation. "Mais on a disparu des radars après le Covid".
"Nous n'avons pas fait partie du Ségur", qui a revalorisé les salaires des soignants à l'hôpital, "et aujourd'hui, pour gommer l'inflation, les infirmiers sont amenés à choisir de pratiquer certains actes plutôt que tels autres", a-t-elle ajouté.
"Autrefois je pouvais soigner deux ou trois patients à l'heure, maintenant il faut que j'en fasse quatre ou cinq. On est en train de toucher à l'intégrité de notre profession", explique Alexandra Veyret, qui touche par exemple 8,83 euros pour une prise de sang à domicile.
Revalorisations ponctuelles
La "brique" de base de la tarification des soins infirmiers (AMI, 3,15 euros) n'a pas bougé depuis 2009. Seules des revalorisations ponctuelles ont eu lieu depuis cette date.
L'Assurance maladie a ainsi revalorisé de 25 centimes à 2,75 euros l'indemnité forfaitaire de déplacement (qui s'ajoute aux frais kilométriques), qui n'avait pas bougé depuis 2009.
Elle a aussi réformé les tarifs forfaitaires de soins journaliers pour les personnes dépendantes (BSI), ce qui représente, selon l'Assurance maladie, "un investissement de 700 millions d'euros" sur la période 2019-2024.
La manifestation partira de la place de la Bastille à Paris vers 11h00 pour se rendre au ministère de la Santé.
Son organisateur, le collectif des "Infirmiers libéraux en colère", s'est formé au printemps 2023 sur la base d'une lettre écrite en décembre 2022 par des infirmières de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
La manifestation est soutenue par l'un des trois syndicats représentatifs de la profession, le Sniil (syndicat national des infirmiers et infirmières libéraux), et une organisation plus petite, l'Onsil (organisation nationale des syndicats d'infirmiers libéraux).
Les deux autres syndicats représentatifs, la FNI (Fédération nationale des infirmiers) et Convergence Infirmière, n'ont pas appelé à manifester mais réclament eux aussi l'ouverture urgente de négociations tarifaires.
"La colère gonfle dans les rangs des infirmières et infirmiers libéraux, qui se sentent méprisés, abandonnés", écrivait la FNI en mars dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron publiée dans l'ensemble de la presse régionale.
Avec AFP
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