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Première structure du genre en France, le centre Asterya, adossé à l'hôpital Necker (APHP) et installé dans une école du 12e arrondissement (est), propose des bilans puis une prise en charge pluridisciplinaire de long cours (pédopsychiatres, psychologues, orthophonistes, psychomotriciens...), à des enfants violentés, victimes de violences sexuelles, physiques et psychologiques.
Sept nouveaux centres
Le budget de la Sécurité sociale comprendra un budget de 38 millions d'euros pour « sécuriser » l'ouverture de sept centres portés par l'association im'pactes, a dit le président de la République aux équipes du centre Asterya, qu'il visitait mardi avec la ministre de la Santé Stéphanie Rist, la haute-commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry et le maire de Paris Emmanuel Grégoire.
Cela financera « les dépenses d'investissement », le fonctionnement quotidien étant financé par l'Assurance maladie au titre des soins en hôpital de jour, a précisé l'Elysée.
Sept centres ouvriront notamment à Bordeaux (où la construction est lancée), Lille, Strasbourg, Marseille, Toulouse ou La Réunion.
En l'absence de soins, ces enfants « risquent de perdre 20 ans d'espérance de vie. Ils présentent des traumas complexes pédiatriques très sévères et des maladies somatiques (...): diabète, maladies de peau, respiratoires et à l'âge adulte, des maladies cardiovasculaires, des risques d'AVC bien plus importants », a expliqué à la presse Céline Gréco, présidente d'Im'pactes à l'origine du projet et médecin à l'hôpital Necker.
Tous présentent un « retard du langage », conduisant souvent à « des difficultés d'apprentissage », a-t-elle dit. Ils « sont très abîmés »: certains à 3 ans « souffrent de troubles dissociatifs » de l'identité, d'autres à 7 ans « veulent se suicider », a-t-elle déploré.
L'association « apporte tout ce qui n'est pas pris en charge par la sécurité sociale: médiation animale, coaching sportif, activité physique adaptée, art thérapie, psychologues pour les jeunes majeurs », a-t-elle précisé.
Un suivi intensif
Depuis l'ouverture mi-novembre, Asterya a déjà accueilli entre ses murs pastel environ 800 enfants d'Ile-de-France, dont 44% ont moins de 10 ans.
Certains, en « parcours intensif » (troubles graves du neurodéveloppement, psychotraumas sévères...) viennent chaque semaine et ne pourraient « absolument pas être pris en charge en ville », selon Céline Gréco. Un suivi intensif de 24-36 mois peut « guérir les symptômes ».
« Le modèle fonctionne », s'est réjoui Emmanuel Macron. Il a également échangé avec une dizaine d'enfants.
« Venir ici m’aide beaucoup à parler. Avant, je n'y arrivais pas » avec « le stress, la tristesse, toutes les émotions mélangées », lui a confié une adolescente de 13 ans, « maintenant, dans ma tête ce n’est plus flou, j’arrive à retrouver un peu de lumière ».
Les équipes ont toutefois pointé des difficultés: les ruptures de parcours de soins de ville en raison du manque de professionnels, notament d'orthophonistes, la « pénurie de familles d'accueil », la rupture de l'accompagnement, trop rapide après la majorité, ou la nécessité de créer des « bourses d'études » pour ces jeunes dont seulement 1% accèdent aux études supérieures.
Avec AFP
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