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Aurélie Devinante et sa consœur expliquent, dans les colonnes du Parisien, avoir choisi cette voie pour pouvoir passer plus de temps avec leurs patients. « Les contraintes qui nous sont imposées par la Sécurité sociale ne sont pas compatibles avec une médecine humaine et éthique. Certes, plus on va répondre à la convention, plus on va gagner d’argent. Mais plutôt que de multiplier les actes à la chaîne, on préfère exercer autrement », justifie Aurélie Devinante.
Le maire, très opposé à cette décision, avait tenté de les faire revenir en arrière, notamment par une pétition. Devant leur refus, il a réévalué leur loyer professionnel de 940 à 4 800 euros mensuels, une hausse spectaculaire qui a précipité leur départ annoncé pour la rentrée, selon le quotidien francilien.
« Elles ne sont pas reconnaissantes »
La commune avait pourtant investi massivement pour attirer et garder les deux médecins : construction d’un centre médical neuf de 100 m² avec ascenseur, parking, salle d’attente et bureaux, pour un loyer initial très bas (150 euros, révisé progressivement à 940). « Elles ont eu des conditions exceptionnelles d’installation », rappelle Joël Marion, qui se dit lui-même contraint de changer de médecin traitant, note Le Parisien.
Dans les rues de Compans, les habitants oscillent entre colère et compréhension. Jeanine, une retraitée, regrette : « Elles ont été aidées par la commune. Elles ne sont pas reconnaissantes. Maintenant, il va falloir qu’on trouve un nouveau médecin traitant ». Sa voisine Ginette s’inquiète : « À Claye, ils ne prennent pas de nouveaux patients. À Juilly non plus. Comment va-t-on faire ? », rapporte le quotidien.
À l’inverse, Loïc, 41 ans, estime que ce choix peut améliorer la qualité des soins : « Depuis décembre, deux médecins m’ont traité pour une bronchite. Six mois après, j’étais toujours malade. Ici, on a pris le temps de m’écouter et j’ai enfin eu un diagnostic correct ».
Face à « l’ambiance hostile », les deux praticiennes affirment ne plus pouvoir exercer sereinement à Compans. « On a été franchement blessées par la campagne menée à notre encontre. On n’est pas là pour se battre contre les politiques », insiste Aurélie Devinante.
Elles se réinstalleront dès le 1er septembre à Moussy-le-Neuf, à une dizaine de kilomètres, dans des locaux rénovés par la commune, à côté de la poste. Un choix qui leur permettra de poursuivre le suivi de leurs patients tout en quittant un climat devenu invivable.
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