© Midjourney x What's up Doc
L’alerte de l’ANSM ne doit pas conduire à arrêter précipitamment les prescriptions de désogestrel. C’est en substance le message adressé ce 15 septembre par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), quelques jours après l’envoi annoncé d’un courrier d’information à 1,6 million de femmes et à quelque 90 000 médecins prescripteurs.
Le Collège reconnaît bien le signal mis en évidence autour du désogestrel, mais estime que les données disponibles « ne justifient ni inquiétude excessive, ni modification urgente de contraception ». Il rappelle que les progestatifs de synthèse peuvent stimuler la croissance de méningiomes déjà présents, tout en soulignant que le phénomène reste très rare.
Un risque de méningiome « particulièrement faible »
Le CNGOF chiffre le risque absolu à environ un méningiome opéré pour 67 000 femmes traitées, soit 0,0015 %. Il concerne surtout les utilisations prolongées et apparaît plus important après 45 ans.
Un risque désormais suffisamment documenté pour être considéré comme un effet indésirable du désogestrel, mais qui, selon le Collège, « ne modifie pas fondamentalement la balance bénéfices-risques », jugée toujours très favorable pour l’immense majorité des utilisatrices.
L’ANSM avait elle-même insisté sur le caractère faible de ce risque. Les données d’Epi-Phare rapportées lors de l’alerte montrent cependant qu’il augmente avec la durée d’exposition : environ une femme sur 17 000 après cinq années d’utilisation.
Pas d’IRM en l’absence de symptômes
Pour les médecins, le CNGOF précise surtout la conduite à tenir. Il n’y a, selon lui, « aucune raison d’interrompre brutalement son traitement, ni de consulter en urgence pour réévaluer sa contraception ». Un arrêt précipité expose notamment à une grossesse non désirée et peut aussi déstabiliser une prise en charge gynécologique, le désogestrel étant également utilisé notamment dans l’endométriose symptomatique.
Même prudence concernant l’imagerie. Une IRM cérébrale n’est recommandée qu’en présence de symptômes neurologiques évocateurs du méningiome : céphalées inhabituelles ou persistantes, troubles visuels, convulsions notamment. « En revanche, en l’absence de symptômes, aucun dépistage systématique n’est recommandé », insiste le CNGOF.
Une position qui rejoint celle de l’ANSM, qui recommandait déjà aux femmes de ne pas interrompre leur contraception sans avis médical et d’en reparler avec leur médecin ou leur sage-femme lors d’une consultation de routine.
Le Collège conclut ainsi que le désogestrel et son métabolite actif, l’étonogestrel, restent des options contraceptives et thérapeutiques dont « les bénéfices dépassent largement les risques pour l’immense majorité des femmes ».
A voir aussi
Avancée majeure contre le cancer de la peau : test réussi pour le vaccin personnalisé à ARNm de Moderna et Merck
Maladies rares : Tavneos retiré du marché français après plusieurs décès à l'étranger