Déserts médicaux : Mulhouse et Amblainville recrutent

Pour lutter contre les déserts médicaux et attirer de jeunes médecins, Mulhouse et Amblainville tente une nouvelle approche. 

Deux villes, deux ambiances. Mais un seul et même objectif. Lutter contre les déserts médicaux. Pour attirer de jeunes médecins, la ville de Mulhouse (Haut-Rhin) a choisi de créer une vidéo pour vanter les mérites d’aller vivre dans l’est de la France. De son côté, le maire d’Amblainville (Oise) cherche lui à salarier celles et ceux qui viendront le rejoindre. Pour ce faire, il avait rendez-vous en début de semaine à l’Agence régionale de santé (ARS). 
 

A moins de 60 km de Paris

Dans cette commune de 1850 âmes, il n’y a qu’un seul généraliste dans la maison de santé. Et celui-ci sera bientôt à la retraite. “Cela fait un bout de temps que l’on cherche une solution, raconte le maire Joël Vasquer (PS). On a passé des annonces, mais pas de réponses. Aussi, dans l’optique de trouver une solution, cet élu de l’Oise est parti à la rencontre des jeunes médecins pour comprendre leurs attentes. Son idée : créer un centre de santé publique dans la maison de santé privée et salarier les médecins. Avec des horaires plus souples et une gestion administrative déléguée, il espère attirer des profils différents. “En gros, le ou la médecin arrive juste avec son stéthoscope, et nous on s’occupe du reste. On va leur offrir un véritable confort de travail à moins de 60 km du centre de Paris”. Soutenu par l’ARS et la CPAM, ce projet devrait voir le jour le 1er mars, “le temps de le rédiger avec les différents acteurs, de le valider et bien sûr de recruter”, ajoute le maire. De son côté, le Conseil national de l’ordre de médecins (Cnom) confirme une tendance à choisir le salariat plutôt que le libéral. Pour les médecins généralistes, ils étaient 33% en 2010 à avoir choisi d’être salarié, contre 37% en 2018.
 

Deux temps plein

Avec son cabinet dentaire et sa pharmacie, cette zone est classée comme “sous-dense” par l’ARS, qui soutient ce projet. Ses services “participeront à la rédaction du règlement de fonctionnement du centre”. La ville va proposer au moins deux temps plein en CDD de trois ans, renouvelable. 
Plus à l’Est, la ville de Mulhouse a misé sur la communication pour attirer les jeunes médecins. Dans une vidéo léchée en 16:9 publiée sur YouTube le 28 octobre, une voix off vante les points positifs du système de santé, tout en soulignant les caractéristiques de la ville. Car, dans cette commune de 110.400 habitants, le service des urgences manque d’une quinzaine de médecins pour tourner correctement.

Aussi, afin de tenter de convaincre les jeunes diplômés, ce clip sera diffusé dans les facultés de médecine du Grand Est, les instituts de formation aux métiers de la santé, les associations de jeunes médecins, mais aussi à l’agence régionale de santé.
En France, 7,3 % des médecins généralistes partis à la retraite cette dernière décennie n’ont pas été remplacés, selon le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom). Au total, selon le ministère de la Santé, il manque des généralistes dans 11.329 communes de France, soit une ville sur trois.
 
 

 
 

Portrait de Elodie HERVE

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